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POESIES DE L'AVENT
vendredi 08 juin 2007, a 09:52
Petit Message


Je fonde l'espoir d'un monde plus juste, plus équitable et que nous prenions enfin conscience que nous sommes tous plus ou moins victimes et acteurs de nos propres existences et qu'il ne tient qu'à chacun denous de faire en sorte que nous puissions partager l'espace que nous offre nos ville, nos villages et que notre terre n'est après tout, que notre maison donc celle que l'on doit donner en héritage à nos enfants...

ALORS PLUS QUE JAMAIS, ce blog s'adresse à toutes celles et à tous ceux qui pensent encore cela...
CLIQUE SUR LE FILM.



samedi 30 décembre 2006, a 13:28
Voir le film

Conçue comme une respiration dans la grille de programmes, cette série sera l’occasion d’une rencontre avec un poème, une voix, un comédien et finalement, un univers particulier durant les 24 premiers jours qui précédent Noël.

 

Narrative, décalée, métaphorique, illustrative ou tout simplement dépouillée, chaque mise en scène constituera un regard original, jeté sur une œuvre singulière.

 

A l’heure où, à l’école comme dans de multiples domaines, la poésie est remise à l’honneur, ou encore, déclinée sous les formes les plus diverses, nous pensons que les œuvres des poètes, acquièrent une actualité, gagnent en nécessité, reprennent tout naturellement leur place dans la vie sociale et culturelle et méritent une nouvelle vie par l’intermédiaire du petit écran.

 

Pour chacun de nous, le terme poésie évoque les bancs de l’école et du lycée, les leçons plus ou moins bien apprises, la passion du professeur, parfois transmise à des adolescents en quête de cette vie plus vaste, plus intense, ouverte à l’inconnu, dont le chantre fût ce Rimbaud que le siècle surnomma « l’homme aux semelles de vent ».

 

C’est enfin, la rencontre avec une écriture exigeante, que certains pensent désuète, quand d’autres en retiendront l’aventure et les risques. C’est l’histoire de la dure et âpre lutte avec le langage, de la transformation de la vie par la parole, de la mission et de la place de l’écrivain.

 

Mélanges actuels et inactuels, bouffées de fraîcheurs ou de nostalgie, moments d’émotion et de vérité, voilà, pourquoi Noël, pourquoi la poésie, pourquoi "LES POESIES DE L'AVENT"

 



vendredi 11 janvier 2008, a 19:53
Petit tour du monde

J'ai adoré ce petit film et vous?...



dimanche 27 mai 2007, a 10:57
13ème Poésie UNE PETIT LUMIERE. De Jean-Claude Brinette

   

 

 

 

Une Petite Lumière


 

"Chacun dit du bien de son cœur et personne n'en ose dire de son esprit."

François de la Rochefoucauld

1613-1680

 


 

11 / Jean-Claude BRINETTE

Une petite lumiÈre

 

Qu'est-ce qui ne va pas ce soir ?
T'as l'air abandonné ?
Tu broies encore du noir,
Pourquoi te chagriner ?

 

Cherche dans l' Univers
Espère et tu verras :
Une toute petite lumière,                    
Qui vient et grandira,

 

De sa flamme invisible
Elle réchauffera ton cœur
Apportant dans ta vie :
Un peu de sa chaleur.

 

Ignore les gens avides qui vivent dans les nuages
Et regarde le soleil qui t'invite au voyage
Pour les yeux d'une biche tu changeras ton destin,
En voyant le printemps fleurir sur ton chemin...

Alors encore une fois, tu os(e)ras dire : je t'aime
Et tu trouveras la force qui résout les problèmes
Même si tu as mille raisons de pleurer sur toi-même,
N'oublie pas que les autres ont aussi de la peine.

 

Et qu'ils cherchent comme toi :
Cette petite lumière,
Qui vient d'un Univers
Où seul l'amour est LOI !

Garde bien cette étincelle,      
Au fond de ta mémoire
Il suffira d'y croire.
Pour voir la vie plus belle

 

Dans la nuit recouverte de brillants solitaires,
L'infini vous invite dans un monde de lumières
Garçons et petites filles, perdus sur cette Terre
Prenez toujours le temps de faire une prière.

 

 

dimanche 27 mai 2007, a 10:53
13ème Scénario Poésie UNE PETIT LUMIERE. De Jean-Claude Brinette

  (Première Version)

 

« Une Petite Lumière »

 

 

1.   Extérieur. Ensemble ville. Nuit

 

Les lumières d’une grande ville scintillent de mille feux. A l’horizon, un clair de lune révèle un ciel ténébreux chargé de lourds nuages.

 

Une rame de métro serpente tout près des immeubles.

 

 

2.   Intérieur. Wagon de métro. Nuit

 

Bercé par le vacarme mécanique, un jeune homme d'une vingtaine d’années somnole l’air bougon, les cheveux en bataille, emmitouflé dans son blouson. Il voyage seul dans le wagon.

 

 

3.   Extérieur. Quai de métro. Nuit

 

Sur le quai désert, seul un drôle de bonhomme, immense par sa taille et sa corpulence, habillé d’une lourde redingote usée attend la rame. On dirait un artiste, un rêveur ou un poète tout droit débarqué du 19ème siècle.

 

 

4.   Intérieur. Wagon de métro. Nuit

 

Le jeune homme cherche une position confortable pour s’assoupir.

 

 

5.   Extérieur. Quai de métro. Nuit

 

La rame s’arrête. les portes s’ouvrent. L’homme monte.

 

 

6.   Intérieur. Wagon de métro. Nuit

 

L’homme regarde le jeune homme et va s’assoir près de lui.

Le métro reprend sa route.

Le jeune homme toujours les yeux fermés n’a pas remarqué la présence. Il se tourne et se retourne sous le regard amusé de ce drôle de passager.

Le jeune homme ouvre les yeux et constate la présence. Il se redresse, dévisage l’homme qui ne le quitte pas des yeux. Il semble contrarié par la présence, appuyant sa tête contre la vitre, il ferme les yeux et reprend son somme.

 

 

L’homme Voix Off:
(un chuchotement)

Qu'est-ce qui ne va pas ce soir ?
T'as l'air abandonné ?

Le jeune homme ouvre les yeux et se tourne vers l’homme.

 

Le jeune homme
Vous me parlez ?

 

L’homme relève son visage, il a un livre dans ses mains.

 

L’homme 
(d’une voix délicate)
Non je lisais. Veuillez m’excuser.

 

Le jeune homme mécontent d’avoir été dérangé reprend sa position en ronchonnant.

 

L’homme
(Voix Off)

Tu broies encore du noir,
Pourquoi te chagriner ?

 

 

7.   (Insert) Extérieur. Roues du métro. Nuit

 

Les platines crachent des étincelles dans l’obscurité,.

 

 

8.   Intérieur. Wagon de métro. Nuit

 

Délaissant le livre qu’il pose sur ses jambes, l’homme relève son regard vers le jeune homme. Il plonge une main dans la poche de son veston et en extrait une poussière d’or qu’il souffle sur le visage du jeune homme.

 

 

9.   Extérieur. Route de campagne. Nuit

 

Sur une route  de campagne, un enfant perdu ayant quelques ressemblances avec le jeune homme du métro, tente de fuir une haute silhouette chargée de nuit qui le poursuit et efface dans les ténèbres tout sur son passage  ;  Les bruits des roues du métro  se confondent avec un cri d’oiseau.
(Vue de la scène des airs : regard de l’oiseau. Brutale redescente comme si l’oiseau fondait sur l’enfant).
Sursaut du jeune homme dans le métro. La dernière scène se transforme en dessin à l’encre noire sur la page d’un livre.

 

 

10.          Intérieur. Wagon de métro. Nuit

 

 

Une main se pose sur cette page

Le poète quitte l’ouvrage et regarde avec indulgence le jeune homme toujours endormi.

 

L’homme
(Voix Off)
Cherche dans l'Univers
Espère et tu verras :
Une toute petite lumière,        
Qui vient et grandira,

 

L’homme quitte du regard le jeune homme et s’apprête à tourner une page.

 

 

11.          Extérieur. batisse. Nuit

 

Les contours d’une maison s’effacent partiellement, engloutis par une encre noire qui se déverse d’un encrier renversé.

La pointe d’une plume vient puiser la substance sombre et écrit :

 

De sa flamme invisible  elle réchauffera ton cœur apportant dans ta vie :
Un peu de sa chaleur.

 

Puis le parchemin se roule.

 

12.          Intérieur. Crypte . Nuit

 

Le poète est dans une crypte ouverte au quatre vents.
Une multitude de petite bougie brulent sur un autel et se consument.
Sous l’effet des courants certaines petites flammes s’éteignent ou sont sur le point de s’éteindre, mais  l’homme passant de l’une à l’autre les surveillent avec attention et veillent à ce que toutes entretiennent une petite lueur.

 

L’homme 
(Tout affairé à son ouvrage)  

Ignore les gens avides qui vivent dans les nuages
Et regarde le soleil qui t'invite au voyage
Pour les yeux d'une biche tu changeras ton destin,
En voyant le printemps fleurir sur ton chemin...

Alors encore une fois, tu oses ou tu oseras dire je t'aime
Et tu trouveras la force qui résout les problèmes
Même si tu as mille raisons de pleurer sur toi-même,
N'oublie pas que les autres ont aussi de la peine.

 

Et qu'ils cherchent comme toi :
Cette petite lumière,
Qui vient d'un Univers
Où seul l'amour est LOI !

 

 

13.          Extérieur. Route de campagne. Nuit

 

Nuit sur le chemin.
La masse d’ombre avance..

la masse d’ombre semble dérouler avec elle un rideau de nuit.
L’enfant fixe cette masse sombre, qu’il fuit.
De cette masse émerge alors un visage, celui de l’homme qui est monté dans le métro.
Le visage n’est ni hostile, ni amical, simplement énigmatique, silencieux. Il est assis sur une borne en bord de route.
Dans sa course, l’enfant le regarde.
L’homme lui indique la direction d’une maison.
Reprenant son souffle  et regardant l’ombre qui s’avance derrière lui en effaçant tout sur son passage, le petit enfant reprend sa course vers la maison.

il pousse la porte et s’engouffre à l’intérieur.

 

 

14.          Intérieur. maison. Nuit

 

l’enfant court dans un long couloir, la nuit. Ses appels sont effrayés. Une femme en chemise de nuit court à sa rencontre ; le souffle court, l’enfant se blottit contre elle. La mère tente de le rassurer.


La mère :

Elle était encore là ?

 

La rame atteint la station et le bruit des portes qui s’ouvrent réveillent le jeune homme.

Il constate que le passager est partie et qu’il a oublié son livre sur le siège, un ouvrage de belle facture.

Le jeune homme se penche et attrape le bouquin resté ouvert couverture vers le haut.

Il le regarde et il est surpris de voir sur la page un dessin qui représente un livre posé sur le siège et un jeune homme lui ressemblant se pencher pour l’attraper.

Une belle écriture orne la dessin.

 

le jeune homme 
(lisant la strophe)

Garde bien cette étincelle,      
Au fond de ta mémoire
Il suffira d'y croire.
Pour voir la vie plus belle

 

Le métro n’a pas encore démarre.

Il se lève et court vers la porte.

Il regarde à droite puis à gauche et il voit le personnage qui s’éloigne.
Il l’interpelle.

 

Le jeune homme

Eh monsieur ! Monsieur !

 

 

15.          Extérieur nuit. Quai de métro.

 

Sur le quai l’homme se retourne,

 

le jeune homme 
(Voix Off)

Votre livre…

 

Les portes se referment et le jeune homme bloque le système de fermeture et répète.

 

Le jeune homme :

Vous avez oublié votre livre.

 

L’homme
Gardez-le… Je vous l’offre.

 

 

16.          Intérieur. Wagon de métro. Nuit

 

Le jeune homme libère la fermeture.

Il va s’assoir et songeur il regarde l’ouvrage.
Il ouvre le livre et fait défiler quelques pages.
(On reconnaît diverses scène que l’on vient de vivre.)
Il arrive à la page où le livre est posé sur le siège, puis il tourne la page. Surpris, il découvre le dessin représentant la scène avec l’homme sur le quai le regardant.
Il tourne encore une page qui le montre assis en train de lire l'ouvrage
Près du dessin la dernière strophe écrite.

 

Voix Off du de l’homme :

Dans la nuit recouverte de brillants solitaires,
L'infini vous invite dans un monde de lumières

Garçons et petites filles… Perdus sur cette Terre
Prenez toujours le temps… De faire une petite prière.

 

Le jeune homme perplexe regarde l’ouvrage et s’apprête à passer à la page suivante…
Il hésite puis referme le livre et colle son visage vers l’extérieur cherchant un hypothétique explication.
Reflet dans la vitre du métro, alors que défile la ville dans la nuit.

 

 

17.          Extérieur nuit. Ensemble ville.

 

Le métro à pleine vitesse.

Les lumières des habitations scintillent de mille feux.
Fondu au noir
INTERTITRE

..."Poussière d’étoiles sur écrin d’ébène.
    le clair de lune trahit un ciel de ténèbre"...

 

FIN  

 

 

 

mardi 08 mai 2007, a 18:11
12ème poésie AURELIA - le Scénario

  AURELIA

Continuité Dialoguée

1er Version

 

 

1.      Ruelle. EXTERIEUR. NUIT

(Décor 18ème siècle. Quartier populaire).

Tard dans la nuit, un homme d’un certain âge gravit un étroit trottoir de pavés. Sa démarche est lente et soutenue par une canne.

 

L’homme (Voix Off)

Un soir, vers minuit, je remontais un faubourg où se trouvait ma demeure, lorsque, levant les yeux par hasard, je remarquai le numéro d’une maison éclairé par un réverbère. Ce nombre était celui de mon âge. Aussitôt, en baissant les yeux, je vis devant moi une femme au teint blême, aux yeux caves, qui me semblait avoir les traits d’un amour disparu.

 

L’homme stoppe sa marche et se retourne sur les pas de la femme qui s’éloigne et disparaît dans la pénombre.

 

L’homme (Voix Off)

Le rêve est une seconde vie. Je n’ai pu percer sans frémir ces portes d’ivoire ou de corne qui nous séparent du monde invisible.

 

 

2.      Cage d’escalier. INTERIEUR. NUIT

La cage d’escalier est sombre simplement éclairé à sa base par une petite lampe qui donne aux murs défraîchis un aspect inquiétant.

L’homme arpente un escalier  en colimaçon.

 

L’homme (Voix Off)

C’est un souterrain vague qui s’éclaire peu à peu, et où se dégagent de l’ombre et de la nuit les pâles figures gravement immobiles qui habitent le séjour des limbes.

 

 

3.      Mansarde. INTERIEUR. NUIT

(Décor chambre de bonne mansardée, sombre et chichement meublée)

Une porte s’ouvre dans un grincement, l’homme apparaît dans la petite pièce, il fait craquer une allumette, la flamme alimente une bougie

 

L’homme (Voix Off)

Puis le tableau se forme, une clarté nouvelle illumine et fait jouer ces apparitions bizarres et le monde des Esprits s’ouvre à nous…

 

L’homme traverse la petite pièce et va s’allonger sur un lit posté près de la fenêtre. Son regard fixe le firmament à travers la petite fenêtre.

 

 

 

L’homme (Voix Off)

Cette nuit là, je fis un étrange rêve…

 

 

4.      Bâtiment désaffecté. INTERIEUR. NUIT

(Hôpital désaffecté de Rochefort en Charente maritime)

L’homme se perd dans d’innombrables couloirs qui se succèdent sans suite logique.

D’innombrables portes jalonnent les couloirs, toutes ses tentatives pour les ouvrir se soldent par des échecs.

 

Intertitre

… "Je me perdis plusieurs fois dans de longs corridors"…

 

L’une d’elle s’ouvre et lui permet de quitter le couloir.

Il atteint une immense rotonde. Un ciel bleu où les nuages moutonnent à travers les verrières laisse apparaître un être aillé qui vient  qui vient s’écraser au pied de l’homme.

 

L’homme (Voix Off)

… en traversant une des galeries centrales, je fus frappé d’un spectacle étrange. Un être d’une grandeur démesurée, - homme ou femme, je ne sais pas, - voltigeait péniblement au-dessus de l’espace et semblait se débattre parmi des nuages épais.

 

 

5.      Petite cour obscure. EXTERIEUR. NUIT

(Petite cour étroite aux murs lépreux)

L’homme se retrouve au milieu d’une cour, alors que l’ange tombe à ses pieds.

 

L’homme (Voix Off)

Manquant d’haleine et de force, il tomba enfin au milieu de la cour obscure, accrochant et froissant ses ailes le long des toits et des balustres. Je pus le contempler un instant. Il était coloré de teintes vermeilles, et ses ailes brillaient de mille reflets changeants.

 

L’être ailé se relève et replie ses ailes autour de lui telles une cape qui se transforme en robe antique. Son visage androgyne se transforme et prend les traits d’un vieil homme qui pourrait ressembler à Socrate ou Platon. Les deux hommes se fixent  intensément et le visage du vieil homme se métamorphose en une succession de visages tous différents pour finir par prendre les traits de l’homme face à lui.

 

 

6.      Mansarde. INTERIEUR. NUIT

Dans  un cri d’effroi, l’homme se réveille en sursaut et de ses mains déchirent le rêve encore présent tout autour de lui,  tel une toile d’araignée qui s’effiloche et disparaît petit à petit.

L’homme se lève et s’assoit sur le bord du lit encore essoufflé. Puis son regard se perd à nouveau.

L’homme

…  Un autre soir, durant un autre rêve, je crus avec certitude, être transporté sur les bords du Rhin. En face de moi se trouvaient des rocs sinistres dont la perspective s’ébauchait dans l’ombre. J’entrai dans une maison riante, dont un rayon du soleil couchant traversait gaiement les contrevents verts que festonnait la vigne. Il me semblait que je rentrais dans une demeure connue, celle d’un oncle maternel, peintre flamand, mort depuis plus d’un siècle.

 

 

7.      Demeure bourgeoise (grand salon). INTERIEUR. NUIT

L’homme déambule dans un grand salon orné de grandes peintures murales.

 

L’homme (Voix Off)

Les tableaux ébauchés étaient suspendus çà et là ; l’un d’eux représentait la fée célèbre de ce rivage.

 

Une dame vint à sa rencontre.

 

L’homme (Voix Off)

Une vieille servante, que j’appelais Marguerite et qu’il me semblait connaître depuis l’enfance, me dit :

 

La servante

Allez  vous mettre sur le lit.

 

L’homme

Mais je ne suis pas fatigué.

 

La servante

Je le sais.

 

 

8.      Demeure bourgeoise (chambre). INTERIEUR. NUIT

 

La servante

Vous venez de loin, et votre oncle rentrera tard ; on vous réveillera pour souper. »

 

 

L’homme

Mais je n’ai pas envie de dormir, d’autant que j’ai déjà l’impression d’être dans mon propre rêve.

 

La servante

C’est juste, vous êtes effectivement en train de rêver, mais ce rêve là est bien  trop proche de votre réalité. Votre oncle vous attend dans une contrée qu’il faut protéger et qui se cache bien au-delà de vos rêves. Dormez. Il vous y attend.

 

L’homme regarde d’un air perplexe la servante.

La servante arbore un gentil sourire.

 

La servante

Le monde invisible protège tous vos rêves confisqués.


FIN

 

mardi 08 mai 2007, a 17:59
12ème poésie "extrait" AURELIA

  "La vie est un sommeil, l'amour en est le rêve, et vous n'aurez vécu que si vous avez aimé."

Alfred de Musset

1810-1857


 














11/ Gérard de NERVAL        Aurélia (Univers poétique)

 

Le rêve est une seconde vie. Je n’ai pu percer sans frémir ces portes d’ivoire ou de corne qui nous séparent du monde invisible. Les premiers instants du sommeil sont l’image de la mort ;  un engourdissement nébuleux saisit notre pensée, et nous ne pouvons déterminer l’instant précis où le moi, sous une autre forme, continue l’œuvre de l’existence. C’est un souterrain vague qui s’éclaire peu à peu, et où se dégagent de l’ombre et de la nuit les pâles figures gravement immobiles qui habitent le séjour des limbes. Puis le tableau se forme, une clarté nouvelle illumine et fait jouer ces apparitions bizarres : - le monde des Esprits s’ouvre à nous…

 

dimanche 08 avril 2007, a 12:04
11ème poésie à développer L'auteur de Nicolas Boileau.

  Nicolas BOILEAU                      L’AUTEUR
Craignez-vous pour vos vers la

censure publique ?
Soyez-vous à vous-même un sévère critique.L'ignorance toujours est prête à s'admirer.Faites-vous des amis prompts à vous censurer ;Qu'ils soient de vos écrits les confidents sincères,
Et de tous vos défauts les zélés adversaires.
Dépouillez devant eux l'arrogance d'auteur ;
Mais sachez de l'ami discerner le flatteur :
Tel vous semble applaudir, qui vous raille et vous joue.
Aimez qu'on vous conseille et non pas qu'on vous loue.
Un flatteur aussitôt cherche à se récrier :
Chaque vers qu'il entend le fait extasier.
Tout est charmant, divin : aucun mot ne le blesse ;
Il trépigne de joie, il pleure de tendresse ;
Il vous comble partout d'éloges fastueux :
La vérité n'a point cet air impétueux.
Un sage ami, toujours rigoureux, inflexible,
Sur vos fautes jamais ne vous laisse paisible :
Il ne pardonne point les endroits négligés,
Il renvoie en leur lieu les vers mal arrangés,
Il réprime des mots l'ambitieuse emphase ;
Ici le sens le choque, et plus loin c'est la phrase.
Votre construction semble un peu s'obscurcir ;
Ce terme est équivoque, il le faut éclaircir.
C'est ainsi que vous parle un ami véritable.
Mais souvent sur ses vers un auteur intraitable
À les protéger tous se croit intéressé,
Et d'abord prend en main le droit de l'offensé.
De ce vers, direz-vous, l'expression est basse, -
Ah ! monsieur, pour ce vers je vous demande grâce,
Répondra-t-il d'abord. - Ce mot me semble froid ;
Je le retrancherais. - C'est le plus bel endroit ! -
Ce tour ne me plaît pas. - Tout le monde l'admire.
Ainsi toujours constant à ne se point dédire,
Qu'un mot dans son ouvrage ait paru vous blesser,
C'est un titre chez lui pour ne point l'effacer.
Cependant, à l'entendre, il chérit la critique ;
Vous avez sur ses vers un pouvoir despotique,
Mais tout ce beau discours dont il vient vous flatter
N'est rien qu'un piège adroit pour vous les réciter.
Aussitôt il vous quitte ; et, content de sa muse,
S'en va chercher ailleurs quelque fat qu'il abuse :
Car souvent il en trouve : ainsi qu'en sots auteurs,
Notre siècle est fertile en sots admirateurs
Et, sans ceux que fournit la ville et la province,
Il en est chez le duc, il en est chez le prince.
L'ouvrage le plus plat a, chez les courtisans,
De tout temps rencontré de zélés partisans ;
Et, pour finir enfin par un trait de satire,
Un sot trouve toujours un plus sot qui l'admire. [...]

mardi 20 février 2007, a 21:16
10ème poésie les fées de Charles Perrault

Charles PERRAULT                                                                                                  Les fées (Conte)

 

Il était une fois une veuve qui avait deux filles ; l'aînée lui ressemblait si fort et d'humeur et de visage, que qui la voyait, voyait la mère. Elles étaient toutes deux si désagréables et si orgueilleuses qu'on ne pouvait vivre avec elles. La cadette, qui était le vrai portrait de son Père pour la douceur et pour l'honnêteté, était avec cela une des plus belles filles qu'on eût su voir. Comme on aime naturellement son semblable, cette mère était folle de sa fille aînée, et en même temps avait une aversion effroyable pour la cadette. Elle la faisait manger à la cuisine et travailler sans cesse.

Il fallait entre autres choses que cette pauvre enfant allât deux fois le jour puiser de l'eau à une grande demi lieue du logis, et qu'elle en rapportât plein une grande cruche. Un jour qu'elle était à cette fontaine, il vint à elle une pauvre femme qui la pria de lui donner à boire.
- Oui-dà, ma bonne mère, dit cette belle fille ; et rinçant aussitôt sa cruche, elle puisa de l'eau au plus bel endroit de la fontaine, et la lui présenta, soutenant toujours la cruche afin qu'elle bût plus aisément. La bonne femme, ayant bu, lui dit :

- Vous êtes si belle, si bonne, et si honnête, que je ne puis m'empêcher de vous faire un don (car c'était une Fée qui avait pris la forme d'une pauvre femme de village, pour voir jusqu'où irait l'honnêteté de cette jeune fille). Je vous donne pour don, poursuivit la Fée, qu'à chaque parole que vous direz, il vous sortira de la bouche ou une Fleur, ou une Pierre précieuse.

Lorsque cette belle fille arriva au logis, sa mère la gronda de revenir si tard de la fontaine.

- Je vous demande pardon, ma mère, dit cette pauvre fille, d'avoir tardé si longtemps ; et en disant ces mots, il lui sortit de la bouche deux Roses, deux Perles, et deux gros Diamants.
- Que vois-je ? dit sa mère tout étonnée ; je crois qu'il lui sort de la bouche des Perles et des Diamants ; d'où vient cela, ma fille ?
(Ce fut là la première fois qu'elle l'appela sa fille.) La pauvre enfant lui raconta naïvement tout ce qui lui était arrivé, non sans jeter une infinité de Diamants.
- Vraiment, dit la mère, il faut que j'y envoie ma fille ; tenez, Fanchon, voyez ce qui sort de la bouche de votre soeur quand elle parle ; ne seriez-vous pas bien aise d'avoir le même don ? Vous n'avez qu'à aller puiser de l'eau à la fontaine, et quand une pauvre femme vous demandera à boire, lui en donner bien honnêtement. Il me ferait beau voir, répondit la brutale, aller à la fontaine. Je veux que vous y alliez, reprit la mère, et tout à l'heure.

Elle y alla, mais toujours en grondant. Elle prit le plus beau Flacon d'argent qui fût dans le logis. Elle ne fut pas plus tôt arrivée à la fontaine qu'elle vit sortir du bois une Dame magnifiquement vêtue qui vint lui demander à boire :

c'était la même Fée qui avait apparu à sa soeur mais qui avait pris l'air et les habits d'une Princesse, pour voir jusqu'où irait la malhonnêteté de cette fille.

- Est-ce que je suis ici venue, lui dit cette brutale orgueilleuse, pour vous donner à boire, justement j'ai apporté un Flacon d'argent tout exprès pour donner à boire à Madame !
J'en suis d'avis, buvez à même si vous voulez.
- Vous n'êtes guère honnête, reprit la Fée, sans se mettre en colère ; hé bien ! puisque vous êtes si peu obligeante, je vous donne pour don qu'à chaque parole que vous direz, il vous sortira de la bouche ou un serpent ou un crapaud.

D'abord que sa mère l'aperçut, elle lui cria :
- Hé bien, ma fille !
- Hé bien, ma mère ! lui répondit la brutale, en jetant deux vipères, et deux crapauds.
- ô Ciel ! s'écria la mère, que vois-je là ? C'est sa soeur qui en est cause, elle me le payera ;
et aussitôt elle courut pour la battre. La pauvre enfant s'enfuit, et alla se sauver dans la Forêt prochaine.

Le fils du Roi qui revenait de la chasse la rencontra et la voyant si belle, lui demanda ce qu'elle faisait là toute seule et ce qu'elle avait à pleurer. Hélas ! Monsieur c'est ma mère qui m'a chassée du logis. Le fils du Roi, qui vit sortir de sa bouche cinq ou six Perles, et autant de Diamants, la pria de lui dire d'où cela lui venait. Elle lui conta toute son aventure. Le fils du Roi en devint amoureux, et considérant qu'un tel don valait mieux que tout ce qu'on pouvait donner en mariage à un autre, l'emmena au Palais du Roi son père où il l'épousa. Pour sa soeur elle se fit tant haïr que sa propre mère la chassa de chez elle ; et la malheureuse, après avoir bien couru sans trouver personne qui voulût la recevoir alla mourir au coin d'un bois.

Autre Moralité

L'honnêteté coûte des soins,
Elle veut un peu de complaisance,
Mais tôt ou tard elle a sa récompense,
Et souvent dans le temps qu'on y pense le moins  

mardi 20 février 2007, a 21:02
10ème poésie les fées de charles perrault

  Les fées

Continuité Dialoguée

1er Version

 

(Les fées peuvent clôturer la série des poésies de l’Avent. Une histoire un peu plus longue que les autres traitements)

 

 

1.       Clairière. EXTERIEUR. AUBE

A la lisière d’une forêt, une maisonnette avec une cheminée qui laisse échapper une fumée matinale.

Voix Off

L’histoire que je vais vous raconter se passa il n’y a pas très longtemps dans une petite maison à la lisière d’une étrange forêt.

 

 

2.      Salon. INTERIEUR. JOUR

Dans un intérieur cossu, un grand père est assis sur un fauteuil, un livre sur les genoux et fait face à ses deux petits enfants  allongés sur le ventre par terre et qui l’écoutent.

·                                            Une petite fille délicate.

·                                            Un petit garçon à l’air canaille.

 

Le grand père

(Demande aux enfants)

Vous imaginez, voyez dans votre tête la petite maison ?

 

Les enfants les yeux rivés sur le grand père imaginent la scène.

 

 

3.      Insert

La petite maison au bord de la forêt.

 

 

4.      Salon. INTERIEUR. JOUR

Le grand père ouvre un livre et se met à lire.

 

Le grand père

Il était une fois une veuve qui avait deux filles ; l'aînée lui ressemblait si fort et d'humeur et de visage, que qui la voyait, voyait la mère.

 

5.      Insert

La tête acariâtre de la mère emplit le cadre.

 

 

6.      Salon. INTERIEUR. JOUR

 

 

Le grand père

Elles étaient toutes deux si désagréables et si orgueilleuses qu'on ne pouvait vivre avec elles.

 

Le grand père regarde ses deux petits enfants tous deux accoudés et la tête reposant dans leurs mains.

 

 

7.      Pièce principale de la maisonnette. INTERIEUR JOUR

La mère et la fille assises sur un divan avec un air pincé et portant beau linge. La fille s’évertue sur une broderie. La petite aiguille pique l’index de cette dernière qui jette tout par terre en s’exclamant.

 

La fille aînée

Ah je déteste la broderie !

 

La mère jette un regard un coin vers sa fille.

 

 

8.      Salon. INTERIEUR. JOUR

Le grand père dans le salon poursuit son histoire.

 

Le grand père

Mais il y avait dans la maison une deuxième fille.

 

 

9.      Pièce principale de la maisonnette. INTERIEUR JOUR

 

La mère

(Ordonnant)

Alors ce thé, c’est pour aujourd’hui ou pour demain !

 

De la cuisine une jeune fille attifée d’une vieille robe, entre avec un plateau portant théière, tasse et petit biscuit.

La cadette sert avec une infinie précaution les deux monstres aux regards inquisiteurs. Une fois servit, la cadette recule de deux pas et se poste devant elles.

 

Le grand père (Voix Off)

La cadette, qui était le vrai portrait de son Père pour la douceur et pour l'honnêteté, était avec cela une des plus belles filles qu'on eût su voir.

Comme on aime naturellement son semblable, cette mère était folle de sa fille aînée, et en même temps avait une aversion effroyable pour la cadette.

 

La mère tout en portant la tasse vers ses petites lèvres et en montrant du bout des sourcil la broderie que l’aînée vient de jeter à terre.

 

 

La mère

Ramasse !

 

 

10.  Salon. INTERIEUR. JOUR

La petite fille face à son grand père.

 

La petite fille

Un peu comme Cendrillon.

 

Le grand père

(Relevant le nez, Répète)

Oui. Un peu comme Cendrillon.

 

 

11.   Clairière. EXTERIUR ; AUBE

La cadette sort de la maison avec une cruche dans les bras.

 

Le grand père (Voix Off)

Il fallait entre autres choses que cette pauvre enfant allât deux fois le jour puiser de l'eau à une grande demi lieue du logis, et qu'elle en rapportât pleine une grande cruche.

 

 

12.   Forêt. EXTERIEUR .AUBE

Pendant que les enfants questionnent leur grand père, la cadette traverse la forêt.

 

 

Le garçon (Voix Off)

C’est quoi une demi lieue grand père ?

 

Le grand père (Voix Off)

Une demi lieue c’est distance qui représente 2 kilomètres 777 mètres exactement.

 

Le garçon (Voix Off)

C’est loin ?

 

Le grand père (Voix Off)

Pour une petite fille. Oui c’est loin.

 

La petite fille (Voix off)

Et la cruche Grand père, combien il y a de litre dans la grande cruche ?

 

Le grand père (voix Off)

Je ne sais pas peut-être 5 litres, peut-être 10 litres. Bon je continue.

 

 

13.   Près de la fontaine. EXTERIUR ; AUBE

 

Voix Off

Un jour qu'elle était à cette fontaine.

 

La cadette s’agenouille et s’apprête à emplir la cruche d’eau.

Une vieille et pauvre femme sort de la végétation et vient se poster devant la cadette.


La vieille Femme

J’ai soif. Donne-moi à boire.

 

La jeune fille est surprise par cette apparition. Elle se lève pour la recevoir.

 

La jeune fille

Oui, ma bonne mère

 

Elle plonge la cruche dans l’eau, la rince et elle puise de l'eau au plus bel endroit de la fontaine, et la lui présente, soutenant toujours la cruche afin que la vieille femme puisse boire plus aisément.

 

La vieille femme

(Ayant bu)

Merci ma belle.

 

La vieille et pauvre femme se transforma en une jeune et jolie fée.

 

La fée

Vous me paraissez d’une bien belle honnêteté jeune fille et je vous donne pour don, qu'à chaque parole que vous direz, il vous sortira de la bouche ou une Fleur, ou une Pierre précieuse.

 

 

14.   Cuisine de la maisonnette. INT NUIT

La jeune fille arrive au logis visiblement en retard. Elle entre dans la cuisine. Au même moment la mère entre à son tour.

 

La mère

Où étais-tu fille de rien. Toujours à rêvasser !

 

Elle arrache la cruche des mains de la jeune fille. Apeurée la jeune fille se protège le visage et dit.

La jeune fille

Je vous demande pardon, ma mère d'avoir tardé si longtemps.

 

En disant ces mots, il lui sortit de la bouche deux Roses, deux Perles, et deux gros Diamants.
La mère, surprise, a un mouvement de recul.

Elle se baisse et ramasse les deux perles et les deux diamants.

 

La mère

D'où vient cela, ma fille ?

  Le grand père (Voix Off)

Ce fut là, la première fois qu'elle l'appela sa fille.

La pauvre enfant lui raconta naïvement tout ce qui lui était arrivé, non sans jeter une infinité de diamants.

 

La mère écouta avec attention le récit et tout en ramassant les précieuses pierres dans son regard naît une idée vile.

 

 

15.  Salon. INTERIEUR. JOUR

La petite fille dit à son grand père.

 

La petite fille

La mère, elle va être plus gentille avec sa petite fille maintenant qu’elle est riche.

 

 

Le grand père

Hum !!!

 

Le petit garçon

(Impatient)

Alors grand père, la suite.

 

Le grand père

Eh bien la suite, c’est que le lendemain matin, la mère saisit la cruche et la tend vers son laideron de fille aînée.

 

16.   Pièce principale de la maisonnette. INTERIEUR JOUR

 

La mère

Tenez, Fanchon, vous avez vu ce qui sort de la bouche de votre soeur quand elle parle ; ne seriez-vous pas bien aise d'avoir le même don ? Vous n'avez qu'à aller puiser de l'eau à la fontaine, et quand une pauvre femme vous demandera à boire, je vous ordonne de lui en donner et bien honnêtement.

 

Toute ronchonne et affalée sur un divan, elle répond avec brutalité.

 

La brutale

Pourquoi mère voulez-vous m’envoyer à la fontaine ?

 

La mère 

Je veux que vous y alliez, reprit la mère, et sur le champ.

 

Le grand père (Voix Off) 

Elle se lève, toujours en grondant.

Elle attrape la cruche que la mère lui tend et dans un élan de colère, elle la brise en éclat sur le sol.

Elle ouvre un placard et attrape  le plus beau Flacon d'argent qui fût.

 

 

17.  Forêt. EXTERIUR ; AUBE

 

Le grand père (Voix Off) 

Elle arpente d’un pas pressé un chemin dans la forêt tout en grondant.

 

 

18.  Près de la fontaine. EXTERIUR ; AUBE

 

Le grand père (Voix Off) 

Elle atteint la petite fontaine et à peine a-t-elle plongé le flacon d’argent dans l’eau.

 

Une Dame magnifiquement vêtue apparaît.

La brutale ne daigne même lever son regard vers la nouvelle venue


La Fée

J’ai soif. Donne-moi à boire.

 

La brutale relève enfin son visage. Elle dévisage la belle dame.

 

La brutale

Je sais, je suis venue ici exprès  pour vous donner à boire. 

 

Elle lui jette le flacon qui éclabousse la magnifique robe.

 

La brutale

Buvez à même si vous voulez.

 

La Fée attrape délicatement le flacon qui flotte sur la surface de l’eau et sans se mettre en colère.


La fée

Vous n'êtes guère honnête! Puisque vous êtes si peu obligeante, je vous donne pour don qu'à chaque parole que vous direz, il vous sortira de la bouche ou un serpent ou un crapaud.

 

 

19.  Salon. INTERIEUR. JOUR

Les enfants imitent tout en se roulant par terre avec des grimaces la malédiction subie par la brutale.


La petite fille

Berk ! Des crapauds dans la bouche.

 

Le petit garçon

(Faisant la grimace)

Bah ! Et des serpents.

 

Le grand père

(Calmant les deux jeunes enfants)

Attendez, attendez, écoutez la suite.

(Les enfants se concentrent)

De retour à la maison sa mère vient à sa rencontre.

 

 

20.   Devant la maisonnette. EXTERIEUR. JOUR

Surveillant sa fille par la fenêtre, la mère sort de la maison.

 

La mère

Hé bien, ma fille !


La brutale

Hé bien, ma mère !

 

A ces mots, la brutale, jeta deux vipères, et deux crapauds.

La mère horrifiée s’écria dans un mouvement de recul.

 

La mère

Ciel ! Ma fille que t’arrive t-il donc ?

 

La brutale en pleurs se jette dans les bras de sa mère pour chercher un réconfort mais celle-ci la repousse d’un geste apeuré et maladroit.

Repoussant son aînée elle se tourne vers la cadette, et menaçante, essaie de la saisir.


La mère

(À la cadette)

C'est de ta faute et tu  me le payeras.

 

 

21.   Forêt. EXTERIEUR ; JOUR

La cadette court dans la forêt. Un cavalier arrive vers elle et stoppe sa monture, barrant la course de la jeune fille.

 

Le grand père (Voix Off)

Apeurée,  la pauvre enfant s'enfuit, et va trouver refuge dans la Forêt.

Un fils de Roi qui revenait de la chasse la rencontre, et la voyant si belle, lui demande ce qu'elle fait là toute seule et ce qu'elle a à pleurer comme ça ?

 

Le petit garçon (Voix Off)

Ah non grand père ne nous dit pas qu’ils vont tomber amoureux et qu’il vont se marier…

 

La petite fille (Voix Off)

(Poursuit)

…  qu’il vont vivre heureux et longtemps et qu’il vont avoir beaucoup d’enfant !

 

 

22.  Salon. INTERIEUR. JOUR

Le grand père refermant son livre.

 

 Le grand père

Non, ça, c’est que dans les contes.

 

A ce moment là. La porte s’ouvre brusquement. Dans le chambranle de la porte se poste une femme en tenue de gouvernante, c’est le même personnage que les enfants ont imaginé dans le rôle de la mère acariâtre

 

La gouvernante

(D’un ton autoritaire)

Il est l’heure d’aller se coucher !

 

Aussi raide que puisse l’être un manche à balai, elle attend la venue des deux enfants sur le seuil.

Avant de quitter le salon les deux enfants lancent à leur grand père.

 

Le grand père

Bonne nuit grand père.

 

Toujours assis le grand père leur murmure.

 

  Le grand père

Bonne nuit.

 

A ces mots deux fleurs sortent de la bouche du grand père.

Les deux enfants regardent émerveillés cette magie inattendue.

Mais le bras de la gouvernante tire la porte qui se ferme avec brutalité.

 

            FONDU AU NOIR

                                                          

Le grand père (Voix Off)

L'honnêteté coûte des soins,
Elle veut un peu de complaisance,
Mais tôt ou tard elle a sa récompense,
Et souvent dans le temps qu'on y pense le moins.

samedi 03 février 2007, a 11:31
9 ème poésie Le sermon en proverbe.

  9 / ANONYME DU XVIIIème                

Le sermon en proverbes (Lettre ouverte)



"Ce que nous faisons dans la vie, résonne dans l'éternité"

 

 

Mes chers frères,

Cette vérité devrait faire trembler bien des pécheurs ; car enfin Dieu est bon,

mais aussi qui aime bien châtie bien. Il ne suffit pas de dire : je me convertirai ;

 ce sont des propos en l’air ; autant en emporte le vent. Un bon tien vaut

mieux que deux tu l’auras ; on sait bien où l’on est, mais on ne sait pas où

l’on va, et il faut éviter de troquer son cheval borgne contre un aveugle.

 

Au surplus, mes chers frères. Il n’est pire sourd que celui qui ne veut pas

entendre; et l’on ne peut faire boire un âne s’il n’a soif ; mais comme un

fou avise bien un sage, je vous dis votre fait, et ne vais pas chercher midi à

quatorze heures.

 

Oui, mes frères, vous faites des châteaux en Espagne ; mais prenez garde, le démon vous guette comme le chat le fait de la souris ; il fait d’abord patte de velours ; mais quand une fois il vous tiendra dans ses griffes, alors vous aurez beau vous chatouiller pour vous faire rire, et faire le bon apôtre, vous en aurez tout du long et tout du large.

 

Mais si quelqu’un revenait de l’autre monde et qu’il en apportât des nouvelles, alors on y regarderait à deux fois ; quand on sait ce qu’en vaut l’aune, on y met le prix ; mais là-dessus les plus clairvoyants n’y voient goutte et la nuit tous les chats sont gris.

 

Prenez garde, disait un grand homme, n’éveillez pas le chat qui dort. Vous êtes à l’aise comme rats en paille ; vous avez le dos au feu et le ventre à table ; on vous prêche, et vous n’écoutez pas  mais ne dit-on pas : ventre affamé n’a point d’oreilles ; mais aussi rira bien qui rira le dernier.

Tout passe, tout casse, tout lasse ; ce qui vient de la flûte retourne au tambour ; et l’on se trouve le cul entre deux selles ; mais alors il n’est plus temps, il est trop tard de fermer l’écurie quand les chevaux sont dehors.

 

Souvenez-vous bien, mes chers frères, de cette leçon ; faites vie qui dure; il ne s’agit pas de brûler la chandelle par les deux bouts. Qui trop embrasse mal étreint ; et qui court deux lièvres à la fois n’en prend point. Mais contre mauvaise fortune il faut faire bon cœur et battre le fer tandis qu’il est chaud.

 

Oui, messieurs. Bonne renommée vaut mieux que ceinture dorée. Les riches payent pour les pauvres, et ils se servent souvent de la patte du chat pour en tirer les marrons hors du feu ; mais chacun pour soi, et Dieu pour tous.

 

Un auteur célèbre a dit :

" Chacun son métier, les vaches seront bien gardées " ; et comme on fait son lit, on se couche. Tous les chemins vont à Rome, dit-on, mais il faut les connaître, et ne pas prendre ceux qui sont pleins de pierres ; il faut aller droit en besogne, et ne pas mettre la charrue devant les bœufs. Si le démon veut vous dérouter, laissez-le hurler ; chien qui aboie ne mord pas ; soyez bons chevaux de trompette, ne vous effarouchez pas du bruit. Les méchants vous riront au nez mais c’est un rire qui ne passe pas le nœud de la gorge; après la pluie le beau temps ; et après la peine le plaisir. Moquez-vous du qu’en dira-t-on, et ne croyez pas que qui se fait brebis, le loup le mange.

 

Écoutez bien ceci, mes frères, je vous parle d’abondance de cœur. Quiconque fera du bien trouvera le bien. Les écrits sont des mâles, et les paroles sont des femelles, dit-on, mais on prend le boeuf par les cornes, et l’homme par les paroles, et quand les paroles sont dites, l’eau bénite est faite.

 

Faites donc de sérieuses réflexions, mes frères, choisissez d’être à Dieu ou au diable ; il n’y a pas de milieu ; il faut passer par la porte ou par la fenêtre ; vous n’êtes pas ici pour enfiler des perles, mais pour faire votre salut ; le démon a beau vous dorer la pilule, quand le vin est tiré, il faut le boire, et c’est au fond du pot qu’on trouve le marc.

Au reste, à l’impossible nul n’est tenu ; je ne peux pas vous sauvez malgré vous. On dit que ce n’est rien de parler, le tout est d’agir ; et comme charité bien ordonnée commence par soi-même, je vais tâcher de tirer mon épingle du jeu ; alors, quand je serai sauvé, advienne que pourra, moi, je m’en lave les mains.

 

 

 

samedi 03 février 2007, a 11:27
9ème Poesies Le sermon en proverbes. Le scénario

  LE SERMON EN PROVERBES

Continuité Dialoguée

1er Version

 

Résumé : Cet épisode s’adresse indirectement à ceux qui ont la prétention ou le désir d’assumer des responsabilités politiques. 

Le décor désiré pour cette histoire pourrait symboliquement être un lieu comme l’assemblée Nationale.

Le narrateur comédien est sur la tribune, et s’adresse à l’hémicycle, mais il est vide. Le comédien quitte alors le gradin et emprunte les couloirs de cette noble maison.

Le comédien terminera son sermon en descendant les marches extérieures de ce prestigieux lieu de la république.

 

 

1. Hémicycle. Assemblée Nationale. INTERIEUR. JOUR

Dans un profond silence, un homme élégamment vêtu monte à la tribune de l’assemblée nationale.

Tout en découvrant le lieu d’un regard circulaire, il sort de la poche intérieure de sa veste une feuille blanche qu’il pose sur le luxueux pupitre et commence son discours.

 

L’homme

Mes chers frères.

Cette vérité devrait faire trembler bien des pécheurs ; car enfin ne dit-on pas que : Dieu est bon et qui aime bien châtie bien, mais il ne suffit pas de dire : je me convertirai ; ce sont là, des propos en l’air ; autant en emporte le vent.

Un bon tien vaut mieux que deux tu l’auras.

 

Le point de vue s’éloigne et s’élève et on découvre que l’hémicycle est vide .

 

L’homme

Au surplus, mes chers frères. Il n’est pire sourd que celui qui ne veut pas

entendre; et l’on ne peut faire boire un âne s’il n’a soif ; mais comme un

fou avise bien un sage, je vous dis votre fait, et ne vais pas chercher midi à

quatorze heures.

Oui, mes frères, vous faites des châteaux en Espagne ; mais prenez garde, le démon vous guette comme le chat le fait de la souris ; il fait d’abord patte de velours ; mais quand une fois il vous tiendra dans ses griffes, alors vous aurez beau vous chatouiller pour vous faire rire, et faire le bon apôtre, vous en aurez tout du long et tout du large.

 

L’homme fait une brève pose silencieuse. Puis il reprend son sermon

 

L’homme

Mais si quelqu’un revenait de l’autre monde et qu’il en apportât des nouvelles, alors on y regarderait à deux fois ; quand on sait ce qu’en vaut l’aune, on y met le prix ; mais là-dessus les plus clairvoyants n’y voient goutte et la nuit tous les chats sont gris.

 

Il quitte le gradin.

L’homme

Prenez garde, disait un grand homme, n’éveillez pas le chat qui dort. Vous êtes à l’aise comme rats en paille ; vous avez le dos au feu et le ventre à table ; on vous prêche, et vous n’écoutez pas  mais ne dit-on pas : ventre affamé n’a point d’oreilles ; mais aussi rira bien qui rira le dernier.

Il quitte l’hémicycle.

 

 

Couloir. Assemblée Nationale. INTERIEUR. JOUR

L’homme tout en continuant son sermon emprunte  les magnifiques couloirs, également vide de toute présence.

 

L’homme

Souvenez-vous bien, mes chers frères, de cette leçon ; faites vie qui dure; il ne s’agit pas de brûler la chandelle par les deux bouts. Qui trop embrasse mal étreint ;

 

Oui, messieurs. Bonne renommée vaut mieux que ceinture dorée. Les riches payent pour les pauvres, et ils se servent souvent de la patte du chat pour en tirer les marrons hors du feu ; mais chacun pour soi, et Dieu pour tous.

Un auteur célèbre a dit :

" Chacun son métier, les vaches seront bien gardées " ; et comme on fait son lit, on se couche. Tous les chemins vont à Rome, dit-on, mais il faut les connaître, et ne pas prendre ceux qui sont pleins de pierres ; il faut aller droit en besogne, et ne pas mettre la charrue devant les bœufs. Si le démon veut vous dérouter, laissez-le hurler ; chien qui aboie ne mord pas. Les méchants vous riront au nez mais c’est un rire qui ne passe pas le nœud de la gorge; après la pluie le beau temps ; et après la peine le plaisir. Moquez-vous du qu’en dira-t-on, et ne croyez pas que qui se fait brebis, le loup le mange.

 

Écoutez bien ceci, mes frères, je vous parle d’abondance de cœur. Quiconque fera du bien trouvera le bien. Les écrits sont des mâles, et les paroles sont des femelles, dit-on, mais on prend le boeuf par les cornes, et l’homme par les paroles, et quand les paroles sont dites, l’eau bénite est faite.

 

L’homme se dirige vers une porte qui donne vers l’extérieur.

 

 

Marches extérieures. Assemblée Nationale. EXTERIEUR. JOUR

 L’homme est à présent à l’extérieur de l’édifice et continue son propos. Le point de vue s’immobilise et le comédien descend les marches et s’éloigne vers le trafic urbain en arrière plan.

 

L’homme

Faites donc de sérieuses réflexions, mes frères; vous n’êtes pas ici pour enfiler des perles, mais pour faire votre salut ; le démon a beau vous dorer la pilule, quand le vin est tiré, il faut le boire, et c’est au fond du pot qu’on trouve le marc.

Au reste, à l’impossible nul n’est tenu ; je ne peux pas vous sauvez malgré vous. On dit que ce n’est rien de parler, le tout est d’agir ; et comme charité bien ordonnée commence par soi-même, je vais tâcher de tirer mon épingle du jeu ; alors, quand je serai sauvé, advienne que pourra, moi, je m’en lave les mains.

 

FIN

 

samedi 13 janvier 2007, a 21:22
8ème Poesie : la poesie LA BOHEME d'ARTHUR RIMBAUD

  La Bohème

Arthur Rimbaud

 

"Des cieux immenses et cruels s'incurvent au-dessus de nous et, toujours poussés en avant, nous n'avons pas de foyer. Un regard, un sourire éclos sur les lèvres et disparu, un mot, une pierre, une feuille, une porte qu'on n'a jamais trouvée et jamais oubliée. Nous avons connu toutes ces mille lumières et nous errons  sur les chemins de la vie, seuls."

Thomas Wolfe

1900-1938


8 / Arthur RIMBAUD                                                       
 Ma Bohème (Poésie)

 

 

Je m'en allais, les poings dans mes poches crevées ;

Mon paletot aussi devenait idéal ;

J'allais sous le ciel, Muse ! et j'étais ton féal ;

Oh ! là là ! que d'amours splendides j'ai rêvées !

 

Mon unique culotte avait un large trou.

- Petit Poucet rêveur, j'égrenais dans ma course

Des rimes. Mon auberge était à la Grande Ourse.

- Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou

 

Et je les écoutais, assis au bord des routes,

Ces bons soirs de septembre où je sentais des gouttes

De rosée à mon front, comme un vin de vigueur ;

 

Où, rimant au milieu des ombres fantastiques,

Comme des lyres, je tirais les élastiques

De mes souliers blessés, un pied près de mon cœur !

 

                                              

 



samedi 13 janvier 2007, a 21:17
8ème Poesie : SCENARIO LA BOHEME d'ARTHUR RIMBAUD

  LA BOHEME

Continuité Dialoguée

1er Version

 


Chambre de Marie. INTERIEUR. JOUR

Sur l’électrophone, le disque tourne à vide.

Marie s'extrait péniblement du divan, arrête l’électrophone un peu approximativement, puis se dirige vers la fenêtre.

Dehors la Lune est pleine,  entourée d’un halo argenté.

Marie s’abandonne au ciel de nuit.

Des voix la tirent de sa songerie.
Les bruits d'une activité mécanique pénètrent dans le petit appartement.

Dehors, un groupe de jeunes s’affaire autour d’une voiture, vestige des années 70 (une DS familiale).

Les lumières de la ville s’étendent en contrebas de la terrasse sur laquelle ils sont installés.

Arthur marche en équilibriste sur la margelle du mur qui surplombe la ville.

Perdue dans ses pensées, Marie regarde le groupe.

 

 

Terrasse dominant la ville. EXTERIEUR. NUIT

Le petit groupe, composé de SIX ADOLESCENTS.

La musique, les lampes et les vêtements des adolescents font un tableau coloré et anarchique.

L’un d’eux, le plus âgé, découpe la tôle de la voiture au chalumeau.

Un autre a le nez sous le capot, tandis qu’un quatrième monte un pare-chocs renforcé.

La nuit est froide.

Arthur

(Toujours sur le muret)

Tu as pu récupérer le système de refroidissement?

 

Le jeune au chalumeau

Non, il faudra faire le tour des casses. Passe-moi un marteau  dans la caisse.

 

Emmitouflée dans son manteau, Marie rejoint le groupe.

Arthur la regarde, désinvolte et légèrement narquois, tout en continuant sa marche d’équilibriste.

 

Marie

 (Se contenant)

Arthur, tu n’en as pas marre de traîner ?

 

Arthur met ses mains dans ses poches.

 

Arthur

J’adore traîner !

Je m’en allais, les poings dans mes poches crevées, mon paletot aussi devenait idéal ; (écartant les bras et levant sa tête vers le ciel, de manière théâtrale)  j’allais sous le ciel, Muse ! Et j’étais ton féal … 

(La tête toujours levée, il regarde du coin de l’œil Marie)

Tu viens avec nous ?

 

Marie

(Le suivant du regard)

Pour aller où ?

 

Arthur

L’éternelle question.

Je regrette l'Europe aux anciens parapets !

J'ai vu des archipels sidéraux ! Et des îles
Dont les cieux délirants sont ouverts au vogueur :
- Est-ce en ces nuits sans fond que tu dors et t'exiles…

 

Pendant que Arthur clame ses vers, Marie prend UN JEUNE ENFANT (environ 4 ans).

endormi à l’arrière du véhicule, elle l’emmitoufle dans son manteau. Le petit enfant semble apprécier cette chaleur maternelle, il ferme les yeux.

 

Marie

(Au groupe)

Vous n’allez pas consacrer un peu de votre temps à vos parents ? Cela leur ferait du bien.

 

Arthur

Nos parents dorment… Laissons-les dormir !

 

 

FIN.

 

 

lundi 08 janvier 2007, a 20:34
7ème poésie : LA POESIE La Fable et la vérité de Florian

La Fable et la Vérité

Jean-Pierre Claris de Florian

 

 

"Je me sers d'animaux pour instruire les hommes."

A Monseigneur le Dauphin.

Jean de la Fontaine

1621-1695.

 


7 / FLORIAN                                                    

La FABLE ET LA VERITE  (Fable)

 

 

La vérité, toute nue,
Sortit un jour de son puits.
Ses attraits par le temps étaient un peu détruits ;
Jeune et vieux fuyaient à sa vue.
La pauvre vérité restait là morfondue,
Sans trouver un asile où pouvoir habiter.
A ses yeux vient se présenter
La fable, richement vêtue,
Portant plumes et diamants,
La plupart faux, mais très brillants.
Eh ! Vous voilà ! Bon jour, dit-elle :
Que faites-vous ici seule sur un chemin ?
La vérité répond : vous le voyez, je gêle ;
Aux passants je demande en vain
De me donner une retraite,
Je leur fais peur à tous : hélas ! Je le vois bien,
Vieille femme n'obtient plus rien.
Vous êtes pourtant ma cadette,
Dit la fable, et, sans vanité,
Partout je suis fort bien reçue :
Mais aussi, dame vérité,
Pourquoi vous montrer toute nue ?
Cela n'est pas adroit : tenez, arrangeons-nous ;
Qu'un même intérêt nous rassemble :
Venez sous mon manteau, nous marcherons ensemble.
Chez le sage, à cause de vous,
Je ne serai point rebutée ;
A cause de moi, chez les fous
Vous ne serez point maltraitée :
Servant, par ce moyen, chacun selon son goût,
Grâce à votre raison, et grâce à ma folie,
Vous verrez, ma soeur, que partout
Nous passerons de compagnie.

 

 

 

 

 

 

 

 

   

 

 

 

lundi 08 janvier 2007, a 19:46
7ème poésie : LE SCENARIO La Fable et la vérité de Florian

  LA FABLE ET LA VERITE

Continuité Dialoguée

1er Version

 

1.      Fond noir.

Une voix off masculine.

 

Le narrateur

La vérité, toute nue,
Sortit un jour de son puits.

 

2.      Rue marchande. EXTERIEUR. CREPUSCULE

Le corps d’une femme vient violemment heurter le sol et s’écrase au beau milieu d’une foule qui s’adonne aux joies du shopping.

Surpris par cet accident, les gens s’écartent et regardent médusés cette silhouette recroquevillée et enveloppée d’une cape loqueteuse.

Les témoins en état de choc forme un cercle silencieux autour du corps immobile et se rapproche lentement.

A la stupéfaction générale, le corps frémit et le cercle des badauds s’élargit.

La silhouette prend appuie sur ses mains se lève avec difficulté.

Une exclamation parcours les témoins de cette scène.

Chancelante dans sa cape loqueteuse avec ses longs cheveux noirs qui cachent son visage, La Vérité relève doucement sa tête et à travers sa chevelure d’ébène, un œil bleu perçant regarde apeuré ces chalands emmitouflés dans leurs manteaux avec leurs sacs et leurs cadeaux.

 

Le narrateur

Ses attraits par le temps étaient un peu détruits ;

La Vérité tend son bras vers la foule qui recule un peu plus.

En arrière-plan une luxueuse voiture blanche vient stationner.

 

 

3.      Habitacle de la limousine. INTERIEUR. CREPUSCULE

On découvre à travers la vitre teintée la scène, on devine aussi le reflet raffiné de l’intérieur de la limousine ainsi que le regard bien dessiné de sa passagère.

Le doigt d’une main gantée élégamment actionne la descente de la vitre.

Le décor intérieur du véhicule s’efface et laisse place à la cohue.

Au centre La vérité tente de rassurer la foule.

 

La Vérité

N’ayez pas peur, je suis votre amie

 

Une femme tire son enfant et le protège en le jetant en arrière.

 

Le narrateur

Jeune et vieux fuyaient à sa vue.

 

D’autres détournent leurs regards.

D’autres s’éloignent.

 

La portière de la limousine s’ouvre et laisse apparaître une jolie jambe de femme élégamment chaussée.

 

Dans la foule, La vérité ne trouvant aucun écho, épuisée, elle va s’asseoir et s’adosse au mur gris.

Le narrateur

La pauvre vérité restait là morfondue,
Sans trouver un asile où pouvoir habiter.

 

Elle  baisse la tête et se met à pleurer.

Le cercle se reforme et la riche passagère se fraie un chemin parmi la foule agglutiner jusqu’à la malheureuse.

Le narrateur
A ses yeux vient se présenter
La fable, richement vêtue,
Portant plumes et diamants,
La plupart faux, mais très brillants.

La Fable une belle blonde bien mise entre dans le cercle et s’arrête en son milieu.

Elle porte ses mains à ses hanches et dévisage la pauvre vérité on ressent chez elle une certaine impatience.

La Fable

Eh ! Vous voilà !

 

La vérité relève doucement sa tête, mais ne répond pas.

 

La Fable

Bon jour.

La Vérité ne répond pas.

 

La Fable

Que faites-vous ici seule sur un chemin ?

La foule à présent plus curieuse qu’effrayée assiste à cette curieuse rencontre.

La Vérité dégage ses cheveux d’un geste de la main et son visage apparait.

 

La Vérité

Vous le voyez, je gèle ;

Aux passants je demande en vain
De me donner une retraite,

 

Elle porte un regard incrédule vers la foule.

 

La Vérité (Off)

Je leur fais peur à tous : hélas ! Je le vois bien,

 

La fable dévisage également ces anonymes

 

La Vérité (Off)

Vieille femme n'obtient plus rien.

La Fable surprise se tourne vers La Vérité.

 

La Fable

Vous êtes pourtant ma cadette,
et, sans vanité,
Partout je suis fort bien reçue :
Mais aussi, dame vérité,

La Vérité toujours adossé au mur, écoute dubitative.

 

La Fable (Off)

Pourquoi vous montrer toute nue ?
Cela n'est pas adroit : tenez,

 

La Fable tend sa main et aide La Vérité à se relever.

 

La Fable

Arrangeons-nous ;
Qu'un même intérêt nous rassemble :

Les deux femmes se font face.

 

La Fable

Venez sous mon manteau, nous marcherons ensemble.
Chez le sage, à cause de vous,
Je ne serai point rebutée ;
A cause de moi, chez les fous
Vous ne serez point maltraitée :

 

Le point s’élève découvrant les deux femmes au milieu d’une foule formant un cercle.

 

La Fable

Servant, par ce moyen, chacun selon son goût,
Grâce à votre raison, et grâce à ma folie,
Vous verrez, ma soeur, que partout
Nous passerons de compagnie.

FIN

 

 

 

 

 

 

 

samedi 06 janvier 2007, a 18:19
6ème poésie : LE STORY-BOARD Les deux amis de Jean de la Fontaine

Pour ceux qui le souhaite, je vous invite à vous  faire parvenir le story-board (pour les néophytes cela ressemble à une bande dessinée technique spécifique au cinéma) sous pdf, car je n'arrive malheureusement pas à l'insérer dans le blog. Alors contactez-moi et je me ferai un devoir de vous le transmettre.

Bien à vous.

Sallah Laddi

samedi 06 janvier 2007, a 18:13
6ème poésie : Les deux amis de Jean de la Fontaine

  Les Deus Amis

Jean de la Fontaine

 


 

L'ami qui souffre seul fait une injure à l'autre.

Jean de Rotrou

1609-1650

 



6/ Jean de LA FONTAINE                                                            

Les Deux Amis (Fable)

Deux vrais Amis vivaient au Monomotapa :

L’un ne possédait rien qui n’appartint à l’autre.

Les amis de ce pays là

Valent bien, dit-on, ceux du nôtre.

Une nuit que chacun s’occupait au sommeil,

Et mettait à profit l’absence du soleil,

Un de nos deux Amis sort du lit en alarme ;

Il court chez son intime, éveille les valets :

Morphée avait touché le seuil de ce palais.

L’Ami couché s’étonne ; il prend sa bourse, il s’arme,

Vient trouver l’autre, et dit : « Il vous arrive peu

De courir quand on dort ; vous me paraissiez homme

A mieux user du temps destiné pour le somme :

N’auriez-vous point perdu tout votre argent au jeu ?

En voici. S’il vous est venu quelque querelle,

J’ai mon épée, allons. Vous ennuyez-vous point

De coucher toujours seul ? Une esclave assez belle

Etait à mes côtés : voulez-vous qu’on l’appelle ?

- Non, dit l’Ami, ce n’est ni l’un ni l’autre point,

Je vous rends grâce de ce zèle.

Vous m’êtes, en dormant, un peu triste apparu ;

J’ai craint qu’il ne fût vrai, je suis vite accouru.

Ce maudit songe en est la cause. »

 

Qui d’eux aimait le mieux ? Que t’en semble lecteur ?

Cette difficulté vaut bien qu’on la propose.

Qu’un ami véritable est une douce chose !

Il cherche vos besoins au fond de votre cœur ;

Il vous épargne la pudeur

De les lui découvrir vous même ;

Un songe, un rien, tout lui fait peur,

Quand il s’agit de ce qu’il aime.

 

 

 

Note:

Le comédien sélectionné incarnera les trois personnages présents dans ce film. Le montage verra défiler une succession de champ contre-champ sans amorce. Seul le dernier plan permettra aux trois interprétations « l’Ami inquiet, le Narrateur  et l’Ami réveillé» de partager le même espace.

 

 

Le traitement des Deux Amis est proposé sous la forme d'un story-board réalisé par Stéphane Seguin. 1er version