| jeudi 04 janvier 2007, a 19:25 |
| 5ème poésie : Le scénario Histoire de Faussaire |
Histoire de faussaire
Continuité
Dialoguée
1er Version
1.
Petit pont de bois.
EXTERIEUR. AUBE
Dans la brume matinale, un petit pont enjambant une
rivière apparait petit à petit.
De cet épais brouillard, la silhouette d’un homme se
dessine et vient vers nous. On dirait un grand voyageur portant cape et habits
usés tout droit sorti du 19ème siècle.
Il traverse cette passerelle et s’immobilise.
La brume se lève, et, comme par enchantement, les
traits de son visage se rafraichissent et ses habits se métamorphosent en un
costume contemporain élégant.
Il baisse son regard et constate l’apparition un peu
floue de deux choses dans ses mains : dans sa main droite, il tient un
bouquet. Dans sa main gauche, une paire de Lunette.
Il lève la tête et regarde autour de lui. Une plaine
verdoyante, aux contours indistincts, se dessine.
Son attention revient vers sa main gauche. Il porte
la paire de Lunette jusqu’à ses yeux et constate qu’à travers les verres le
paysage lui parait beaucoup plus clair et défini.
Il lève la tête et regarde l’azur.
2. Ciel bleu. EXTERIEUR. JOUR
Un ciel bleu avec de
délicats nuages qui moutonnent.
L’attention de l’homme
est attirée par une petite étiquette accrochée à un élastique au coin haut de
l’écran.
Il tend sa main et
l’arrache.
Sur le papier qui
ressemble à un billet de monopoly une somme est inscrite : 2000
Surpris et ne
comprenant pas trop la signification de cette chose, il la glisse dans la
pochette de son veston et quitte le cadre.
3. Plaine verdoyante. EXTERIEUR. JOUR
Une campagne aux couleurs tendues et ordonnées
s’étend à perte de vue. L’homme entre dans ce tableau presque irréel et emprunte une allée dont les méandres
mènent à une charmante petite ferme dessinée au loin.
Voix Off (l’homme)
Se découpant sur champ d’azur
La ferme était fausse bien sûr
Et le chaume servant de toit
Synthétique, comme il se doit.
4. Enclos de la ferme. EXTERIEUR JOUR
L’homme pousse la
petite barrière colorée qui fait office de portail et entre dans la cour aux
couleurs aussi gourmandes que peuvent l’être les friandises avec toujours son
bouquet la main.
Voix Off (l’homme)
Au bout d’une allée de faux buis,
Une autre étiquette
portant un prix : 500 est accrochée au buis, l’homme l’arrache la regarde
et la glisse dans la pochette de son veston.
Voix Off (l’homme)
On aperçoit un faux puits
Un autre
billet sur le puits : 1000, même action qui finit dans le veston.
Voix Off (l’homme)
Du fond duquel la vérité
N’avait jamais dû remonter.
L’homme se penche dans
le trou du puit et lance
L’homme
Eh oh !
Et l’écho lui répondit
Le puits
Oh eh !
L’homme se redresse
surpris de la réponse à l’envers.
La porte de la maison
s’ouvre.
Une très jolie femme
bien mise et avenante vient vers lui, en empruntant d’un pas délicat les
quelques marches qui séparent le perron du parvis fleuri.
L’homme regarde
approcher cette femme.
Voix Off (l’homme)
Et la maitresse de céans
Dans un habit, ma foi, seyant
De fermière de comédie
A ma rencontre descendit
Elle se dresse devant
lui, un sourire dessine sur sa joue colorée une fossette et ses grands cils
peints de couleurs pastel battent l’air.
L’homme lui tend avec
un geste mécanique son bouquet.
Voix Off (l’homme)
Et mon petit bouquet, soudain,
Parut terne dans ce jardin
Près des massifs de fausses fleurs
Offrant les plus vives couleurs.
La femme invite
l’homme à la suivre à l’intérieur.
Voix
Off (l’homme)
Ayant foulé le faux gazon,
Le regard de l’homme
est attiré vers la taille de la femme qui se déhanche.
Un billet dépasse de
son tailleur.
Voix Off (l’homme)
Je la suivis dans la maison
L’homme d’un geste
discret approche sa main de la belle croupe et arrache le petit billet
La femme surprise se
retourne et lui adresse un petit sourire coquin.
Sur le billet :
5000.
5. Salon. INTERIEUR. JOUR
L’homme glisse le
billet dans la pochette de son veston et se retrouvant seul dans le salon, il
déambule dans cette drôle de petite maison où tous les éléments, qui la
composent portent systématiquement un billet qui lui donne une valeur
marchande.
Voix Off (l’homme)
Où brille sans se consumer
Un genre de feux sans fumée.
Il arrache le billet
portant la somme de : 1000 et le glisse dans la pochette de son veston.
Voix Off (l’homme)
Face au faux buffet Henri Deux,
Il arrache le billet
portant la somme de : 1000 et le glisse dans la pochette de son veston.
Voix Off (l’homme)
Alignée sur les rayons de
La bibliothèque en faux bois,
Faux bouquins achetés au poids
Faux Aubusson,
Il arrache le billet
portant la somme de : 1000 et le glisse dans la pochette de son veston.
Voix Off (l’homme)
Fausses armures,
Il arrache le billet
portant la somme de : 1000 et le glisse dans la pochette de son veston.
Voix Off (l’homme)
Faux tableaux de maîtres au mur,
Il arrache le billet
portant la somme de : 1000 et le glisse dans la pochette de son veston.
Voix Off (l’homme)
Fausses perles et faux bijoux.
Il arrache le billet
portant la somme de : 1000 et le glisse dans la pochette de son veston.
La femme revient dans
le salon. Elle porte un plateau où est servi une collation. Elle se dirige vers
la table de salon, rejoint par l’homme et tous deux prennent place. L’homme
dévisage la femme.
Voix Off (l’homme)
Faux grains de beauté sur la joue,
De ses mains
délicates. Elle sert un cocktail à
l’homme.
Voix Off (l’homme)
Faux ongles au bout des menottes,
Piano jouant des fausses notes
Avec des touches ne devant
Pas leur ivoire aux éléphants.
Une ambiance intimiste
s’installe entre les deux personnages et le regard de l’homme se perd sur ce
corps voluptueux assis en face de lui qui porte son verre à ses lèvres.
Voix Off (l’homme)
Au lueur des fausses chandelles
Enlevant ses fausses dentelles,
Elle a dit, mais ce n’était pas
Sûr,
La femme lui dit d’une
voix sensuelle.
La femme
Tu es mon premier faux pas.
L’homme arbore un
sourire nié.
Voix Off (L’homme)
Fausse vierge, fausse pudeur,
Fausse fièvre, simulatrice,
L’homme se lève et se
dirige vers la porte peut-être un peu déçu par tant de complaisance.
Voix Off (L’homme)
Les anges artificiels
Venus d’un faux septième ciel.
La femme le rejoint
sur le seuil et se poste devant l’homme. Il regarde ce beau visage et du bout
des doigts il lui caresse la joue et le cou.
L’homme
La seule chose un peu sincère
Dans cette histoire de faussaire
Et contre laquelle il ne faut
Peut-être pas s’inscrire en faux,
6. Enclos de la ferme. EXTERIEUR JOUR
L’homme sort de la
maison suivit par la femme. Il descend les quelques marches.
Près du puits, il
s’arrête et sort de la pochette de son veston, tous les billets qu’il y a
enfouis. Il les jette dans le trou.
Voix Off (L’homme)
C’est mon penchant pour elle et mon
Gros point du côté du poumon
Quand amoureux elle tombe
D’un vrai Marquis de carabas
7. Plaine verdoyante. EXTERIEUR. JOUR
L’homme emprunte le
petit sentier et s’éloigne de la ferme et de la femme toujours sur le perron.
A l’approche du petit
pont, son élégant costume s’efface et sa tenue de voyageur réapparaît.
Voix Off (L’homme)
En l’occurrence Cupidon
Se conduisit en faux jeton,
En véritable faux témoin
Et Vénus aussi, néanmoins
Ce serait sans doute menti
Par omission de ne pas dire
L’homme
Que je leur dois quand même une heure
Authentique de vrai bonheur.
8.
Petit pont de bois.
EXTERIEUR. AUBE
L’homme traverse le pont et on découvre l’autre
rivage.
L’homme pénètre
un monde différent, délimité par les méandres de la rivière.
Un monde aride et ténébreux avec au loin sur les
reliefs des volcans rougeoyants
FONDU AU NOIR
|
|