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POESIES DE L'AVENT
samedi 13 janvier 2007, a 21:22
8ème Poesie : la poesie LA BOHEME d'ARTHUR RIMBAUD
 

  La Bohème

Arthur Rimbaud

 

"Des cieux immenses et cruels s'incurvent au-dessus de nous et, toujours poussés en avant, nous n'avons pas de foyer. Un regard, un sourire éclos sur les lèvres et disparu, un mot, une pierre, une feuille, une porte qu'on n'a jamais trouvée et jamais oubliée. Nous avons connu toutes ces mille lumières et nous errons  sur les chemins de la vie, seuls."

Thomas Wolfe

1900-1938


8 / Arthur RIMBAUD                                                       
 Ma Bohème (Poésie)

 

 

Je m'en allais, les poings dans mes poches crevées ;

Mon paletot aussi devenait idéal ;

J'allais sous le ciel, Muse ! et j'étais ton féal ;

Oh ! là là ! que d'amours splendides j'ai rêvées !

 

Mon unique culotte avait un large trou.

- Petit Poucet rêveur, j'égrenais dans ma course

Des rimes. Mon auberge était à la Grande Ourse.

- Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou

 

Et je les écoutais, assis au bord des routes,

Ces bons soirs de septembre où je sentais des gouttes

De rosée à mon front, comme un vin de vigueur ;

 

Où, rimant au milieu des ombres fantastiques,

Comme des lyres, je tirais les élastiques

De mes souliers blessés, un pied près de mon cœur !

 

                                              

 



samedi 13 janvier 2007, a 21:17
8ème Poesie : SCENARIO LA BOHEME d'ARTHUR RIMBAUD
 

  LA BOHEME

Continuité Dialoguée

1er Version

 


Chambre de Marie. INTERIEUR. JOUR

Sur l’électrophone, le disque tourne à vide.

Marie s'extrait péniblement du divan, arrête l’électrophone un peu approximativement, puis se dirige vers la fenêtre.

Dehors la Lune est pleine,  entourée d’un halo argenté.

Marie s’abandonne au ciel de nuit.

Des voix la tirent de sa songerie.
Les bruits d'une activité mécanique pénètrent dans le petit appartement.

Dehors, un groupe de jeunes s’affaire autour d’une voiture, vestige des années 70 (une DS familiale).

Les lumières de la ville s’étendent en contrebas de la terrasse sur laquelle ils sont installés.

Arthur marche en équilibriste sur la margelle du mur qui surplombe la ville.

Perdue dans ses pensées, Marie regarde le groupe.

 

 

Terrasse dominant la ville. EXTERIEUR. NUIT

Le petit groupe, composé de SIX ADOLESCENTS.

La musique, les lampes et les vêtements des adolescents font un tableau coloré et anarchique.

L’un d’eux, le plus âgé, découpe la tôle de la voiture au chalumeau.

Un autre a le nez sous le capot, tandis qu’un quatrième monte un pare-chocs renforcé.

La nuit est froide.

Arthur

(Toujours sur le muret)

Tu as pu récupérer le système de refroidissement?

 

Le jeune au chalumeau

Non, il faudra faire le tour des casses. Passe-moi un marteau  dans la caisse.

 

Emmitouflée dans son manteau, Marie rejoint le groupe.

Arthur la regarde, désinvolte et légèrement narquois, tout en continuant sa marche d’équilibriste.

 

Marie

 (Se contenant)

Arthur, tu n’en as pas marre de traîner ?

 

Arthur met ses mains dans ses poches.

 

Arthur

J’adore traîner !

Je m’en allais, les poings dans mes poches crevées, mon paletot aussi devenait idéal ; (écartant les bras et levant sa tête vers le ciel, de manière théâtrale)  j’allais sous le ciel, Muse ! Et j’étais ton féal … 

(La tête toujours levée, il regarde du coin de l’œil Marie)

Tu viens avec nous ?

 

Marie

(Le suivant du regard)

Pour aller où ?

 

Arthur

L’éternelle question.

Je regrette l'Europe aux anciens parapets !

J'ai vu des archipels sidéraux ! Et des îles
Dont les cieux délirants sont ouverts au vogueur :
- Est-ce en ces nuits sans fond que tu dors et t'exiles…

 

Pendant que Arthur clame ses vers, Marie prend UN JEUNE ENFANT (environ 4 ans).

endormi à l’arrière du véhicule, elle l’emmitoufle dans son manteau. Le petit enfant semble apprécier cette chaleur maternelle, il ferme les yeux.

 

Marie

(Au groupe)

Vous n’allez pas consacrer un peu de votre temps à vos parents ? Cela leur ferait du bien.

 

Arthur

Nos parents dorment… Laissons-les dormir !

 

 

FIN.

 

 

lundi 08 janvier 2007, a 20:34
7ème poésie : LA POESIE La Fable et la vérité de Florian
 

La Fable et la Vérité

Jean-Pierre Claris de Florian

 

 

"Je me sers d'animaux pour instruire les hommes."

A Monseigneur le Dauphin.

Jean de la Fontaine

1621-1695.

 


7 / FLORIAN                                                    

La FABLE ET LA VERITE  (Fable)

 

 

La vérité, toute nue,
Sortit un jour de son puits.
Ses attraits par le temps étaient un peu détruits ;
Jeune et vieux fuyaient à sa vue.
La pauvre vérité restait là morfondue,
Sans trouver un asile où pouvoir habiter.
A ses yeux vient se présenter
La fable, richement vêtue,
Portant plumes et diamants,
La plupart faux, mais très brillants.
Eh ! Vous voilà ! Bon jour, dit-elle :
Que faites-vous ici seule sur un chemin ?
La vérité répond : vous le voyez, je gêle ;
Aux passants je demande en vain
De me donner une retraite,
Je leur fais peur à tous : hélas ! Je le vois bien,
Vieille femme n'obtient plus rien.
Vous êtes pourtant ma cadette,
Dit la fable, et, sans vanité,
Partout je suis fort bien reçue :
Mais aussi, dame vérité,
Pourquoi vous montrer toute nue ?
Cela n'est pas adroit : tenez, arrangeons-nous ;
Qu'un même intérêt nous rassemble :
Venez sous mon manteau, nous marcherons ensemble.
Chez le sage, à cause de vous,
Je ne serai point rebutée ;
A cause de moi, chez les fous
Vous ne serez point maltraitée :
Servant, par ce moyen, chacun selon son goût,
Grâce à votre raison, et grâce à ma folie,
Vous verrez, ma soeur, que partout
Nous passerons de compagnie.

 

 

 

 

 

 

 

 

   

 

 

 

lundi 08 janvier 2007, a 19:46
7ème poésie : LE SCENARIO La Fable et la vérité de Florian
 

  LA FABLE ET LA VERITE

Continuité Dialoguée

1er Version

 

1.      Fond noir.

Une voix off masculine.

 

Le narrateur

La vérité, toute nue,
Sortit un jour de son puits.

 

2.      Rue marchande. EXTERIEUR. CREPUSCULE

Le corps d'une femme vient violemment heurter le sol et s'écrase au beau milieu d'une foule qui s'adonne aux joies du shopping.

Surpris par cet accident, les gens s'écartent et regardent médusés cette silhouette recroquevillée et enveloppée d'une cape loqueteuse.

Les témoins en état de choc forme un cercle silencieux autour du corps immobile et se rapproche lentement.

A la stupéfaction générale, le corps frémit et le cercle des badauds s'élargit.

La silhouette prend appuie sur ses mains se lève avec difficulté.

Une exclamation parcours les témoins de cette scène.

Chancelante dans sa cape loqueteuse avec ses longs cheveux noirs qui cachent son visage, La Vérité relève doucement sa tête et à travers sa chevelure d'ébène, un œil bleu perçant regarde apeuré ces chalands emmitouflés dans leurs manteaux avec leurs sacs et leurs cadeaux.

 

Le narrateur

Ses attraits par le temps étaient un peu détruits ;

La Vérité tend son bras vers la foule qui recule un peu plus.

En arrière-plan une luxueuse voiture blanche vient stationner.

 

 

3.      Habitacle de la limousine. INTERIEUR. CREPUSCULE

On découvre à travers la vitre teintée la scène, on devine aussi le reflet raffiné de l'intérieur de la limousine ainsi que le regard bien dessiné de sa passagère.

Le doigt d'une main gantée élégamment actionne la descente de la vitre.

Le décor intérieur du véhicule s'efface et laisse place à la cohue.

Au centre La vérité tente de rassurer la foule.

 

La Vérité

N'ayez pas peur, je suis votre amie

 

Une femme tire son enfant et le protège en le jetant en arrière.

 

Le narrateur

Jeune et vieux fuyaient à sa vue.

 

D'autres détournent leurs regards.

D'autres s'éloignent.

 

La portière de la limousine s'ouvre et laisse apparaître une jolie jambe de femme élégamment chaussée.

 

Dans la foule, La vérité ne trouvant aucun écho, épuisée, elle va s'asseoir et s'adosse au mur gris.

Le narrateur

La pauvre vérité restait là morfondue,
Sans trouver un asile où pouvoir habiter.

 

Elle  baisse la tête et se met à pleurer.

Le cercle se reforme et la riche passagère se fraie un chemin parmi la foule agglutiner jusqu'à la malheureuse.

Le narrateur
A ses yeux vient se présenter
La fable, richement vêtue,
Portant plumes et diamants,
La plupart faux, mais très brillants.

La Fable une belle blonde bien mise entre dans le cercle et s'arrête en son milieu.

Elle porte ses mains à ses hanches et dévisage la pauvre vérité on ressent chez elle une certaine impatience.

La Fable

Eh ! Vous voilà !

 

La vérité relève doucement sa tête, mais ne répond pas.

 

La Fable

Bon jour.

La Vérité ne répond pas.

 

La Fable

Que faites-vous ici seule sur un chemin ?

La foule à présent plus curieuse qu'effrayée assiste à cette curieuse rencontre.

La Vérité dégage ses cheveux d'un geste de la main et son visage apparait.

 

La Vérité

Vous le voyez, je gèle ;

Aux passants je demande en vain
De me donner une retraite,

 

Elle porte un regard incrédule vers la foule.

 

La Vérité (Off)

Je leur fais peur à tous : hélas ! Je le vois bien,

 

La fable dévisage également ces anonymes

 

La Vérité (Off)

Vieille femme n'obtient plus rien.

La Fable surprise se tourne vers La Vérité.

 

La Fable

Vous êtes pourtant ma cadette,
et, sans vanité,
Partout je suis fort bien reçue :
Mais aussi, dame vérité,

La Vérité toujours adossé au mur, écoute dubitative.

 

La Fable (Off)

Pourquoi vous montrer toute nue ?
Cela n'est pas adroit : tenez,

 

La Fable tend sa main et aide La Vérité à se relever.

 

La Fable

Arrangeons-nous ;
Qu'un même intérêt nous rassemble :

Les deux femmes se font face.

 

La Fable

Venez sous mon manteau, nous marcherons ensemble.
Chez le sage, à cause de vous,
Je ne serai point rebutée ;
A cause de moi, chez les fous
Vous ne serez point maltraitée :

 

Le point s'élève découvrant les deux femmes au milieu d'une foule formant un cercle.

 

La Fable

Servant, par ce moyen, chacun selon son goût,
Grâce à votre raison, et grâce à ma folie,
Vous verrez, ma soeur, que partout
Nous passerons de compagnie.

FIN

 

 

 

 

 

 

 

samedi 06 janvier 2007, a 18:19
6ème poésie : LE STORY-BOARD Les deux amis de Jean de la Fontaine
 

Pour ceux qui le souhaite, je vous invite à vous  faire parvenir le story-board (pour les néophytes cela ressemble à une bande dessinée technique spécifique au cinéma) sous pdf, car je n'arrive malheureusement pas à l'insérer dans le blog. Alors contactez-moi et je me ferai un devoir de vous le transmettre.

Bien à vous.

Sallah Laddi

samedi 06 janvier 2007, a 18:13
6ème poésie : Les deux amis de Jean de la Fontaine
 

  Les Deus Amis

Jean de la Fontaine

 


 

L'ami qui souffre seul fait une injure à l'autre.

Jean de Rotrou

1609-1650

 



6/ Jean de LA FONTAINE                                                            

Les Deux Amis (Fable)

Deux vrais Amis vivaient au Monomotapa :

L’un ne possédait rien qui n’appartint à l’autre.

Les amis de ce pays là

Valent bien, dit-on, ceux du nôtre.

Une nuit que chacun s’occupait au sommeil,

Et mettait à profit l’absence du soleil,

Un de nos deux Amis sort du lit en alarme ;

Il court chez son intime, éveille les valets :

Morphée avait touché le seuil de ce palais.

L’Ami couché s’étonne ; il prend sa bourse, il s’arme,

Vient trouver l’autre, et dit : « Il vous arrive peu

De courir quand on dort ; vous me paraissiez homme

A mieux user du temps destiné pour le somme :

N’auriez-vous point perdu tout votre argent au jeu ?

En voici. S’il vous est venu quelque querelle,

J’ai mon épée, allons. Vous ennuyez-vous point

De coucher toujours seul ? Une esclave assez belle

Etait à mes côtés : voulez-vous qu’on l’appelle ?

- Non, dit l’Ami, ce n’est ni l’un ni l’autre point,

Je vous rends grâce de ce zèle.

Vous m’êtes, en dormant, un peu triste apparu ;

J’ai craint qu’il ne fût vrai, je suis vite accouru.

Ce maudit songe en est la cause. »

 

Qui d’eux aimait le mieux ? Que t’en semble lecteur ?

Cette difficulté vaut bien qu’on la propose.

Qu’un ami véritable est une douce chose !

Il cherche vos besoins au fond de votre cœur ;

Il vous épargne la pudeur

De les lui découvrir vous même ;

Un songe, un rien, tout lui fait peur,

Quand il s’agit de ce qu’il aime.

 

 

 

Note:

Le comédien sélectionné incarnera les trois personnages présents dans ce film. Le montage verra défiler une succession de champ contre-champ sans amorce. Seul le dernier plan permettra aux trois interprétations « l’Ami inquiet, le Narrateur  et l’Ami réveillé» de partager le même espace.

 

 

Le traitement des Deux Amis est proposé sous la forme d'un story-board réalisé par Stéphane Seguin. 1er version

jeudi 04 janvier 2007, a 19:25
5ème poésie : Le scénario Histoire de Faussaire
 

Histoire de faussaire

Continuité Dialoguée

1er Version

 

 

1.      Petit pont de bois. EXTERIEUR. AUBE

Dans la brume matinale, un petit pont enjambant une rivière apparait petit à petit.

De cet épais brouillard, la silhouette d’un homme se dessine et vient vers nous. On dirait un grand voyageur portant cape et habits usés tout droit sorti du 19ème siècle.

Il traverse cette passerelle et s’immobilise.

La brume se lève, et, comme par enchantement, les traits de son visage se rafraichissent et ses habits se métamorphosent en un costume contemporain élégant.

Il baisse son regard et constate l’apparition un peu floue de deux choses dans ses mains : dans sa main droite, il tient un bouquet. Dans sa main gauche, une paire de Lunette.

Il lève la tête et regarde autour de lui. Une plaine verdoyante, aux contours indistincts, se dessine.

Son attention revient vers sa main gauche. Il porte la paire de Lunette jusqu’à ses yeux et constate qu’à travers les verres le paysage lui parait beaucoup plus clair et défini.

Il lève la tête et regarde l’azur.

 

 

2.      Ciel bleu. EXTERIEUR. JOUR

Un ciel bleu avec de délicats nuages qui moutonnent.

L’attention de l’homme est attirée par une petite étiquette accrochée à un élastique au coin haut de l’écran.

Il tend sa main et l’arrache.

Sur le papier qui ressemble à un billet de monopoly une somme est inscrite : 2000

Surpris et ne comprenant pas trop la signification de cette chose, il la glisse dans la pochette de son veston et quitte le cadre.

 

 

3.      Plaine verdoyante. EXTERIEUR. JOUR

 Une campagne aux couleurs tendues et ordonnées s’étend à perte de vue. L’homme entre dans ce tableau presque irréel  et emprunte une allée dont les méandres mènent à une charmante petite ferme dessinée au loin.

 

Voix Off (l’homme)

Se découpant sur champ d’azur

La ferme était fausse bien sûr

Et le chaume servant de toit

Synthétique, comme il se doit.

 

 

4.      Enclos de la ferme. EXTERIEUR JOUR

L’homme pousse la petite barrière colorée qui fait office de portail et entre dans la cour aux couleurs aussi gourmandes que peuvent l’être les friandises avec toujours son bouquet la main.

 

Voix Off (l’homme)

Au bout d’une allée de faux buis,

 

Une autre étiquette portant un prix : 500 est accrochée au buis, l’homme l’arrache la regarde et la glisse dans la pochette de son veston.

 

Voix Off (l’homme)

On aperçoit un faux puits

 

Un autre billet sur le puits : 1000, même action qui finit dans le veston.

 

Voix Off (l’homme)

Du fond duquel la vérité

N’avait jamais dû remonter.

 

L’homme se penche dans le trou du puit et lance

 

L’homme

Eh oh !

 

Et l’écho lui répondit

Le puits

Oh eh !

 

L’homme se redresse surpris de la réponse à l’envers.

La porte de la maison s’ouvre.

Une très jolie femme bien mise et avenante vient vers lui, en empruntant d’un pas délicat les quelques marches qui séparent le perron du parvis fleuri. 

L’homme regarde approcher cette femme.

 

Voix Off (l’homme)

Et la maitresse de céans

Dans un habit, ma foi, seyant

De fermière de comédie

A ma rencontre descendit

 

Elle se dresse devant lui, un sourire dessine sur sa joue colorée une fossette et ses grands cils peints de couleurs pastel battent l’air.

L’homme lui tend avec un geste mécanique son bouquet.

 

Voix Off (l’homme)

Et mon petit bouquet, soudain,

Parut terne dans ce jardin

Près des massifs de fausses fleurs

Offrant les plus vives couleurs.

 

La femme invite l’homme à la suivre à l’intérieur.

 

 Voix Off (l’homme)

Ayant foulé le faux gazon,

 

Le regard de l’homme est attiré vers la taille de la femme qui se déhanche.

Un billet dépasse de son tailleur.

 

Voix Off (l’homme)

Je la suivis dans la maison

 

L’homme d’un geste discret approche sa main de la belle croupe et arrache le petit billet

La femme surprise se retourne et lui adresse un petit sourire coquin.

Sur le billet : 5000.

 

 

5.      Salon. INTERIEUR. JOUR

L’homme glisse le billet dans la pochette de son veston et se retrouvant seul dans le salon, il déambule dans cette drôle de petite maison où tous les éléments, qui la composent portent systématiquement un billet qui lui donne une valeur marchande.

Voix Off (l’homme)

Où brille sans se consumer

Un genre de feux sans fumée.

 

Il arrache le billet portant la somme de : 1000 et le glisse dans la pochette de son veston.

 

Voix Off (l’homme)

Face au faux buffet Henri Deux,

 

Il arrache le billet portant la somme de : 1000 et le glisse dans la pochette de son veston.

 

Voix Off (l’homme)

Alignée sur les rayons de

La bibliothèque en faux bois,

Faux bouquins achetés au poids

Faux Aubusson,

 

Il arrache le billet portant la somme de : 1000 et le glisse dans la pochette de son veston.

 

Voix Off (l’homme)

Fausses armures,

 

Il arrache le billet portant la somme de : 1000 et le glisse dans la pochette de son veston.

 

Voix Off (l’homme)

Faux tableaux de maîtres au mur,

 

Il arrache le billet portant la somme de : 1000 et le glisse dans la pochette de son veston.

 

Voix Off (l’homme)

Fausses perles et faux bijoux.

 

Il arrache le billet portant la somme de : 1000 et le glisse dans la pochette de son veston.

La femme revient dans le salon. Elle porte un plateau où est servi une collation. Elle se dirige vers la table de salon, rejoint par l’homme et tous deux prennent place. L’homme dévisage la femme.

 

Voix Off (l’homme)

Faux grains de beauté sur la joue,

 

De ses mains délicates. Elle sert  un cocktail à l’homme.

  Voix Off (l’homme)

Faux ongles au bout des menottes,

Piano jouant des fausses notes

Avec des touches ne devant

Pas leur ivoire aux éléphants.

 

Une ambiance intimiste s’installe entre les deux personnages et le regard de l’homme se perd sur ce corps voluptueux assis en face de lui qui porte son verre à ses lèvres.

 

Voix Off (l’homme)

Au lueur des fausses chandelles

Enlevant ses fausses dentelles,

Elle a dit, mais ce n’était pas

Sûr,

 

La femme lui dit d’une voix sensuelle.

 

La femme

Tu es mon premier faux pas.

 

L’homme arbore un sourire nié.

 

Voix Off (L’homme)

Fausse vierge, fausse pudeur,

Fausse fièvre, simulatrice,

 

L’homme se lève et se dirige vers la porte peut-être un peu déçu par tant de complaisance.

 

Voix Off (L’homme)

Les anges artificiels

Venus d’un faux septième ciel.

 

La femme le rejoint sur le seuil et se poste devant l’homme. Il regarde ce beau visage et du bout des doigts il lui caresse la joue et le cou.

 

L’homme

La seule chose un peu sincère

Dans cette histoire de faussaire

Et contre laquelle il ne faut

Peut-être pas s’inscrire en faux,

 

 

6.      Enclos de la ferme. EXTERIEUR JOUR

L’homme sort de la maison suivit par la femme. Il descend les quelques marches.

Près du puits, il s’arrête et sort de la pochette de son veston, tous les billets qu’il y a enfouis. Il les jette dans le trou.


Voix Off (L’homme)

C’est mon penchant pour elle et mon

Gros point du côté du poumon

Quand amoureux elle tombe

D’un vrai Marquis de carabas

 

 

7.      Plaine verdoyante. EXTERIEUR. JOUR

L’homme emprunte le petit sentier et s’éloigne de la ferme et de la femme toujours sur le perron.

A l’approche du petit pont, son élégant costume s’efface et sa tenue de voyageur réapparaît.

 

Voix Off (L’homme)

En l’occurrence Cupidon

Se conduisit en faux jeton,

En véritable faux témoin

Et Vénus aussi, néanmoins

Ce serait sans doute menti

Par omission de ne pas dire

 

L’homme

Que je leur dois quand même une heure

Authentique de vrai bonheur.

 

 

8.      Petit pont de bois. EXTERIEUR. AUBE

L’homme traverse le pont et on découvre l’autre rivage.

L’homme pénètre  un monde différent, délimité par les méandres de la rivière.

Un monde aride et ténébreux avec au loin sur les reliefs des volcans rougeoyants

 

FONDU AU NOIR

 

 


 

 

jeudi 04 janvier 2007, a 19:10
5ème poésie : Histoire de Faussaire
 

Histoire de Faussaire

Georges Brassens

 

 

Les fausses opinions ressemblent à la fausse monnaie qui est frappée d'abord par de grands coupables et dépensée ensuite par d'honnêtes gens qui perpétuent le crime sans savoir ce qu'ils font.

Joseph de  Maistre

1753-1821

 


5 / Georges BRASSENS                                                   
Histoire de faussaire (Poésie)

 

Se découpant sur champ d’azur

La ferme était fausse bien sûr

Et le chaume servant de toit

Synthétique, comme il se doit.

Au bout d’une allée de faux buis,

On aperçoit un faux puits

Du fond duquel la vérité

N’avait jamais dû remonter.

 

Et la maîtresse de céans

Dans un habit, ma foi, seyant

De fermière de comédie

A ma rencontre descendit

Et mon petit bouquet, soudain,

Parut terne dans ce jardin

Près des massifs de fausses fleurs

Offrant les plus vives couleurs.

 

Ayant foulé le faux gazon,

Je la suivis dans la maison

Où briller sans se consumer

Un genre de feux sans fumée.

Face au faux buffet Henri Deux,

Alignée sur les rayons de

La bibliothèque en faux bois,

Faux bouquins achetés au poids

 

Faux Aubusson, fausses armures,

Faux tableaux de maîtres au mur,

Fausses perles et faux bijoux.

Faux grains de beauté sur la joue,

Faux ongles au bout des menottes,

Piano jouant des fausses notes

Avec des touches ne devant

Pas leur ivoire aux éléphants.

 

Au lueur des fausses chandelles

Enlevant ses fausses dentelles,

Elle a dit, mais ce n’était pas

Sûr, tu es mon premier faux pas.

Fausse vierge, fausse pudeur,

Fausse fièvre, simulateur,

Les anges artificiels

Venus d’un faux septième ciel.

 

La seule chose un peu sincère

Dans cette histoire de faussaire

Et contre laquelle il ne faut

Peut-être pas s’inscrire en faux,

C’est mon penchant pour elle et mon

Gros point du côté du poumon

Quand amoureux elle tombe

D’un vrai Marquis de carabas

 

En l’occurrence Cupidon

Se conduisit en faux jetons,

En véritable faux témoins

Et Vénus aussi, néanmoins

Ce serait sans doute menti

Par omission de ne pas dire

Que je leur dois quand même une heure

Authentique de vrai bonheur.

 

mercredi 03 janvier 2007, a 17:17
4ème poésie : Le scénario de Pour Jeanne seule
 

  POUR JEANNE SEULE

Continuité Dialoguée

1er Version

 

1. Ciel tumultueux. EXTERIEUR. NUIT

De lourds nuages emplissent un  ciel obscur.

Au loin, le tonnerre gronde.

Le fracas d’un éclair divise le ciel qui s’ouvre par son milieu

(C e n’était que le reflet des cieux sur une porte automatique vitrée.)

La porte coulissante nous fait découvrir l'intérieur d'un hall d'immeuble – Lumineux – Epuré.

En lettres de platine, une imposante raison sociale portant le nom de : TITANS, soutient un balcon fréquenté par le va et vient des employés. 

Un JEUNE HOMME quitte le hall, les deux battants se referment derrière lui, faisant réapparaître le tumulte des cieux.

Il s'immobilise et constate cette menace météorologique.

 

L'homme (Off)

Je ne me mets pas en peine

Du clocher ni du beffroi

 

Remonte le col de son veston

 

L'homme (Off)

Je ne sais rien de la reine

Et je ne sais rien du roi.

 

Il descend les marches et quitte le cadre.

 

 

2. Trottoir. EXTERIEUR. NUIT

De grosses gouttes de pluie viennent une à une s’écraser lourdement sur l’asphalte chaud.

 

L'homme (Off)

J'ignore, je le confesse,

Si le seigneur est hautain,

 

Les pas du jeune homme entre dans le cadre et marche d'un pas pressé pour échapper à l’averse.

                       

L'homme (Off)

Si le curé dit la messe

En Grec ou en Latin,

 

Les pas de l’homme quitte le cadre et une pluie drue inonde le trottoir.

Les pas d'un vieil homme aidé par une canne entre dans le cadre.

 

L'homme (Off)

S'il faut qu'on pleure ou qu'on danse,

Si les nids jasent entre eux;

                       

Le jeune homme, trempé, trouve refuge sous un abri bus

 

L'homme (Off)

Mais sais-tu ce que je pense?

C'est que je suis amoureux.

 

 

3. Abribus. Carrefour. EXTERIEUR. NUIT

 Le vieil homme arrive à son tour sous l'abribus.

Il salue d’un geste de la tête son prédécesseur et va s’asseoir sur le petit banc, à l’abri de la pluie.

Il regarde tomber la pluie.

L'homme, lui, est debout, le dos tourné au vieil homme, la pluie cingle son visage mais cela ne semble pas le gêner, son esprit est ailleurs.

Le fracas d’un éclair le fait sursauter et au même moment le vieil homme s’adresse à lui.

 

Le vieil homme

Asseyez-vous !

 

Le jeune homme se retourne vers le vieil homme. Les deux mains posées sur le pommeau bleu de sa canne. Il réitère son invitation.

 

Le vieil homme

Asseyez-vous!

 

Le jeune homme prend place sur le petit banc.

Les deux hommes échangent un sourire de politesse puis ils regardent la pluie qui se déverse en torrent sur une circulation automobile dense.

 

L'homme (Off)

Sais-tu, Jeanne, à quoi je rêve ?

C’est au mouvement d’oiseau

De ton pied blanc qui se lève

 

De la lueur des feux de croisement des véhicules et de la pluie battante, l’homme voit apparaître un ruban de soie blanc accroché aux cieux. Glissant sur ce cordon céleste, la silhouette d’une jeune danseuse apparaît au milieu du carrefour et évolue dans une danse verticale, mêlant grâce et fluidité au milieu d’un chaos climatique et mécanique.

 

L'homme (Off)

Quand tu passes le ruisseau.

 

Surpris par cette apparition le jeune homme se laisse entraîner dans cette douce rêverie.

 

Le corps svelte de jeune danseuse en jupe évolue et se joue des éléments.

Brusquement le songe prend fin par l’arrivée du bus qui ouvre ses portes dans un souffle mécanique.

Le jeune homme reprend ses esprits, se lève encore un peu groggy  et se dirige vers le véhicule

 

L'homme (Off)

Et sais-tu ce qui me gêne ?

 

Mais avant de montée dans le bus,  le jeune homme regarde derrière lui, et constate avec surprise que le vieil homme a disparu.

 

Le chauffeur (Off)

Alors, vous montez ?

 

 

4. Bus. INTERIEUR. NUIT

Le jeune homme ne lui répond pas. Il grimpe dans le bus,  achète un ticket qu’il composte.

           

L'homme (Off)

C’est qu’à travers l’horizon,

Jeanne, une invisible chaîne

Me tire vers ta maison.

 

Le véhicule démarre et le jeune homme reste un instant près du conducteur, il regarde à travers le pare-brise les lumières de la ville.

 

L'homme (Off)

Et sais-tu ce qui m’ennuie ?

C’est l’air charmant et vainqueur

Jeanne, dont tu fais la pluie

Et le beau temps dans mon cœur.

Et sais-tu ce qui m’occupe,

 

Puis il emprunte l’allée centrale.

Tout en s’agrippant aux poignées le jeune homme se dirige vers l’arrière quand son regard s’arrête sur une jeune femme assise et emmitouflée dans un large pull en laine  trempé par la pluie

 

L'homme (Off)

Jeanne ? C’est que j’aime mieux

La moindre fleur de ta jupe

Que tous les astres des cieux.

                       

Assise et recroquevillée sur elle-même, il reconnaît la jeune danseuse née dans ses songes.

Elle lève son regard vers l’homme qui ne pipe mot.

La jeune femme questionne l’homme.

                       

La jeune femme

On se connaît ?

 

Etonné l’homme reste un instant sans voix.

 

La jeune femme

Monsieur !

 

Le jeune homme reste interloqué.

 

L’homme

Euh… je, je ne sais pas.

CUT

mercredi 03 janvier 2007, a 17:09
4ème poesie : Pour Jeanne seule de Victor Hugo
 

Pour Jeanne Seule

victor Hugo

 

 

Chacun de nous à sa lunette, qu'il retourne suivant l'objet : on voit là-bas ce qui déplaît, on voit ici ce que l'on souhaite.

Jean-Pierre Claris de Florian

1755-1794

 

4 / Victor HUGO                                                              

Pour Jeanne seule (Poésie)

 

 

Je ne me mets pas en peine

Du clocher ni du beffroi ;

Je ne sais rien de la reine,

Et je ne sais rien du roi ;

 

J’ignore, je le confesse,

Si le Seigneur est hautain,

Si le curé dit la messe

En grec ou en latin,

 

S’il faut qu’on pleure ou qu’on danse,

Si les nids jasent entre eux ;

Mais sais-tu ce que je pense ?

C’est que je suis amoureux.

 

Sais-tu, Jeanne, à quoi je rêve ?

C’est au mouvement d’oiseau

De ton pied blanc qui se lève

Quand tu passes le ruisseau.

 

Et sais-tu ce qui me gêne ?

C’est qu’à travers l’horizon,

Jeanne, une invisible chaîne

Me tire vers ta maison.

 

Et sais-tu ce qui m’ennuie ?

C’est l’air charmant et vainqueur,

Jeanne, dont tu fais la pluie

Et le beau temps dans mon cœur.

 

Et sais-tu ce qui m’occupe,

Jeanne ? C’est que j’aime mieux

La moindre fleur de ta jupe

Que tous les astres des cieux.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

mardi 02 janvier 2007, a 10:25
3ème poésie : Le Scénario BALLADE A LA LUNE
 

BALLADE A LA LUNE 

Continuité Dialoguée

1er Version

 

1.      Petite place de village EXTERIEUR. NUIT

 

Temps révolus. Ambiance XIXème siècle. Images de synthèse.

Dans le reflet d’une flaque d’eau, on aperçoit les contours d’une petite place de village, aux murs gris et lépreux  avec en son centre un clocher surplombé d’une Lune pleine.

 

Voix Off

C’était, dans la nuit brune,

Sur le clocher jauni,

La Lune,

Comme un point sur un i ;

 

Images réelles.

 

Le pied délicat d’une jeune femme se pose sur cette surface liquide et vient troubler cette vision nocturne.

Un loup au regard  menaçant, sorti de l’ombre,  vient se poster  à ses pieds.

 

TRAVELLING BAS HAUT

 

On découvre la silhouette d’une femme qui semble avoir fait un long voyage, habillée d’une cape noire qui cache une robe raffinée, composée d’une étoffe pourpre ornée de fines dentelles et perlée de pierres dont les dessins rappellent le firmament céleste.

 

Voix Off

Lune, quel esprit sombre

Promène au bout d’un fil,

Dans l’ombre,

Ta face et ton profil ?

 

On découvre le visage angélique d’une jeune femme portant une longue chevelure blonde et bouclée.

Elle lève ses yeux clairs vers l’astre nocturne.

 

Es-tu l’œil du ciel borgne ?

Quel chérubin cafard

Nous lorgne

Sous ton masque blafard ?

 

 

2.      Ciel. EXTERIEUR. NUIT

L’astre.

 

Voix Off

N’es-tu rien qu’une boule ?

 

Dans sa circonférence apparaît le corps d’une jeune femme drapée d’un léger tissu qui serpente en apesanteur et qui semble défier la jeune femme.

 

Voix Off

Qu’un grand faucheux bien gras

Qui roule

Sans pattes et sans bras ?

 

 

3.      Rue. EXTERIEUR. NUIT

La jeune femme remonte le col de sa cape et s’encapuchonne.

La jeune femme jette un regard vers son loup.

Le loup lève ses yeux clairs vers sa maîtresse et se dirige vers la place de l’église.

 

 

4.      Place de ville. EXTERIEUR. NUIT

 

De nos jours.

Elle suit son loup et tous deux se dirigent vers la petite place qui initialement se reflétée dans la flaque d’eau.

Mais l’ambiance a changé, à présent le décor nous apparaît à notre époque. Les illuminations de Noël et les phares des véhicules nous éblouissent.

Seules les lignes de quelques bâtiments, la flèche de l’église surplombée de la Lune ronde ont traversé les temps.

La jeune femme se dirige vers ce qui semble être un marché de Noël.

Image surréaliste d’une voyageuse intemporelle en route pour un acte mystérieux.

 

 

5.      Marché de Noël. EXTERIEUR. NUIT

Une belle jeune femme, futur maman, au cheveux noirs et courts fait son marché.

Elle choisit sur l’étal quelques belles pommes.

 

 

6.      Rue. EXTERIEUR. NUIT

La jeune femme à la cape arpente le trottoir.

Elle marche d’un pas régulier mais personne ne prête attention à sa présence.

 

Voix Off

Es-tu, je t’en soupçonne,

Le vieux cadran de fer

Qui sonne

L’heure aux damnés d’enfer ?

 

Un homme près d’un fût en flammes fait griller des châtaignes.

Elle s’arrête près de l’homme borgne qui se réchauffe tout en remuant les châtaignes.

Elle le regarde. Il la regarde.

Il lui tend une main, où se trouvent quelques châtaignes, protégée par des mitaines.

 

L’homme

Voulez-vous quelques châtaignes, ma petite dame ?

 

La jeune femme ne lui répond que par un sourire  de courtoisie.

Elle quitte du regard cette gentille gueule de pirate et son regard vise au loin le petit  marché nocturne.

 

Voix Off

Sur ton front qui voyage,

Ce soir ont-ils compté

Quel âge

A leur éternité ?

 

Elle reprend sa marche et s’adresse à la Lune.

 

Voix Off

Est-ce un ver qui te ronge

Quand ton disque noirci

 


7.      Ciel. EXTERIEUR. NUIT

Un nuage noir passe devant la Lune ne laissant apparaître qu’un croissant lumineux.

 

Voix Off

S’allonge

En croissant rétréci ?

 

Le nuage passe et l’astre reprend toute sa place et dans le cieux. De sa clarté apparaît dans son disque le corps d’un fœtus.

 

 

8.      Marché de Noël. EXTERIEUR. NUIT

La jeune femme se sert sur l’étalage. Dans sa main gauche elle tient  une boîte à œufs et de sa main droite elle cherche la plus belle marchandise.

 

 

9.      Ciel. EXTERIEUR. NUIT

La jeune femme à la cape s’adressant à la Lune d’un ton ironique.

 

Voix Off

Qui t’avait éborgné

L’autre nuit ? T’étais-tu

Cognée

A quelque arbre pointu ?

 

 

10.  Marché de Noël. Etalage. EXTERIEUR. NUIT

Malencontreusement la main délicate de la jeune femme brune touche un œuf en équilibre et il n’en faut pas plus à ce fragile objet pour rouler et tomber de l’étal.

La femme regarde dévaler la fragile coquille tenant dans une main la boîte à œufs et de l’autre  un œuf.

Voix Off

Car tu vins, pâle et morne,

 

La main gantée de la jeune femme capée interrompt la chute de l’œuf avant que celui-ci ne s’écrase à terre.

Voix Off

Coller sur mes carreaux

 

La femme brune se trouve face à face avec la jeune femme capée.

 

Voix Off

Ta corne

 

La jeune femme capée semble prendre plaisir à soupeser ce fragile objet, assurément satisfaite, et finit par regarder la femme étonnée, tenant dans ses mains l’œuf et la boîte.

 

Voix Off

A travers les barreaux. 

 

La jeune femme capée pose délicatement l’œuf dans l’alvéole protecteur de la boîte, sourit à la femme et s’éloigne à faisant le chemin à l’envers.

 

 

11.  Place de ville. EXTERIEUR. NUIT

 

Voix Off

Et c’est, dans la nuit brune,

Sur le clocher jauni,

La Lune

Comme un point sur un i.

 

La jeune femme disparaît du décor comme par enchantement, la place à son tour disparaît et la Lune de sa lueur persiste et nous dévoile avant de disparaître à son tour la présence d’un fœtus qui esquisse un sourire.

 

FONDU AU NOIR.

 

 

 

 

 

mardi 02 janvier 2007, a 10:21
3ème poésie : BALLADE A LA LUNE
 

Ballade a la Lune

d’Alfred de musset

 

Notez donc que la première étoile, Saturne, purifie; la seconde, Jupiter, favorise; la troisième, Mars, éveille la crainte; la quatrième, le Soleil, éclaire; la cinquième, Vénus, apporte l'amour; la sixième Mercure, donne la chance; et la septième, la Lune, court.

Maître Eckhart

1260 (?)132.(?)

 


3 / Alfred de MUSSET                                 Ballade À la Lune (Poésie)

 

C’était, dans la nuit brune,

Sur le clocher jauni,

La Lune,

Comme un point sur un i ;

 

Lune, quel esprit sombre

Promène au bout d’un fil,

Dans l’ombre,

Ta face et ton profil ?

 

Es-tu l’œil du ciel borgne ?

Quel chérubin cafard

Nous lorgne

Sous ton masque blafard ?

 

N’es-tu rien qu’une boule ?

Qu’un grand faucheux bien gras

Qui roule

Sans pattes et sans bras ?

 

Es-tu, je t’en soupçonne,

Le vieux cadran de fer

Qui sonne

L’heure aux damnés d’enfer ?

 

Sur ton front qui voyage,

Ce soir ont-ils compté

Quel âge

A leur éternité ?

 

Est-ce un ver qui te ronge

Quand ton disque noirci

S’allonge

En croissant rétréci ?

 

Qui t’avait éborgné

L’autre nuit ? T’étais-tu

Cognée

A quelque arbre pointu ?

 

Car tu vins, pâle et morne,

Coller sur mes carreaux

Ta corne

A travers les barreaux.

 

Et c’est, dans la nuit brune,

Sur le clocher jauni,

La Lune

Comme un point sur un i.

 

 

 

 

 

lundi 01 janvier 2007, a 10:08
2ème Poésie: L'nnocence d'Anna de Noaille Le Scénario
 

  L’innocence

Continuité Dialoguée

1er Version

Résume de l’histoire :

 

Dans un aéroport Inter Emotionnel, aux destinations bien étranges, une charmante petite dame au visage tout rond avec des joues bien roses se rend  d’un petit pas saccadé mais néanmoins déterminé vers son terminal à destination d’innocence.

Dans son esprit, trotte la poésie d’Anna de Noailles et cette charmante petite dame avec son costume un peu stricte a la Marie Poppins, son petit chapeau à cloche  vissé sur sa tête, son parapluie de campagne et son petit  sac de voyage bien tenues dans ses mains, croise et salue d’un geste de la tête des voyageurs représentatifs des nombreuses cultures du monde dans leurs habits traditionnels.

 

 

Intérieur. Aéroport Inter Emotionnel. Nuit La petite dame, heureuse de partir en voyage emprunte un escalator.

Dans les haut-parleurs une voix féminine informe les usagers

 

Voix Off haut-parleurs

Les voyageurs à destination de Constance sont attendus porte N° 12 pour embarquement immédiat s’il vous plaît.

(Le même message est répété en anglais)

 

La petite dame, la main sur la rampe atteint le haut de l’escalator.

Elle lève la tête en direction du panneau indiquant les destinations.

Celui-ci réactualise ses informations.

Les destinations proposées sont : Innocence - Constance – Courtoisie – Enfance – Mélancolie – Amitié – Désir – Servitude – Vérité – Indépendance – Errance – Espoir – Rêve.

La petite dame avance dans le hall.

Un nomade en vêtements traditionnel mongol la croise.

Il salue la dame qui à son tour incline sa tête en guise de salutation.

Leurs regards se fixent le temps de la strophe.

 

Le nomade

Si tu veux nous ferons notre maison si belle
Que nous y resterons les étés et l'hiver !
Nous verrons alentour fluer l'eau qui dégèle,
Et les arbres jaunis y redevenir verts.

Le nomade adresse un sourire à la petite dame.

La petite dame acquiesce de la tête et reprend sa marche.

 

Un peu plus loin, un homme du désert en gandoura bleue la croise sans s’arrête et dans l’échange de regard avec la petite dame.

 

L’homme du désert
Les jours harmonieux et les saisons heureuses
Passeront sur le bord lumineux du chemin,
Comme de beaux enfants dont les bandes rieuses
S'enlacent en jouant et se tiennent les mains.

Un peu plus loin la petite dame tout en continuant sa marche regarde vers un jeune couple de type européen qui se font face et discute entre eux. La Voix Off de la strophe qui suit dite par la dame se superpose aux mouvements des lèvres du couple.

 

La petite dame synchrone avec la lèvre de la jeune femme.
Un rosier montera devant notre fenêtre
Pour baptiser le jour de rosée et d'odeur ;

La petite dame synchrone avec la lèvre du jeune homme.

Les dociles troupeaux, qu'un enfant mène paître,
Répandront sur les champs leur paisible candeur.

La petite dame quitte du regard le jeune couple et son attention s’arrête sur un moine bouddhiste assis à même le sol alors qu’une rangée de sièges libres se trouve près de lui.

Le moine bouddhiste lève son regard vers la petite dame qui passe, leurs regards se croisent le temps de la strophe qui suit.

 

Le moine bouddhiste
Le frivole soleil et la Lune pensive
Qui s'enroulent au tronc lisse des peupliers
Refléteront en nous leur âme lasse ou vive
Selon les clairs midis et les soirs familiers.

Son attention se porte vers un griot africain qui vient vers elle. Les deux personnages se croisent sur cette strophe.

 

Le griot africain
Nous ferons notre coeur si simple et si crédule
Que les esprits charmants des contes d'autrefois
Reviendront habiter dans les vieilles pendules
Avec des airs secrets, affairés et courtois.

Le griot africain passe, suivit un peu plus loin, d’un nomade des froides steppes sibérienne. Il se poste devant la petite dame qui s’arrête et regarde ce visage marqué par les sillons d’une âpre vie. Le nomade emmitouflé dans sa tenue de peau protectrice s’adresse

 

Le nomade
Pendant les soirs d'hiver, pour mieux sentir la flamme,
Nous tâcherons d'avoir un peu froid tous les deux,
Et de grandes clartés nous danseront dans l'âme
A la lueur du bois qui semblera joyeux.

Le nomade lui adresse un vrai sourire puis s’éloigne de la petite dame en lui adressant un signe de la main.

La petite dame regarde partir cette rencontre qui se fond dans les allées et venues des autres voyageurs.

Du regard, la petite dame vise une rangée de sièges. Elle décide d’aller s’y asseoir. Et tout en regardant ce monde qui se croise, une petite fille vient à elle.

La petite fille tend son poing fermé comme pour donner quelque chose de dissimulé dans le creux de sa petite main. La dame ouvre sa main et reçoit le don.

La dame souhaite ouvrir sa main pour voir ce qui s’y cache, mais la petite fille l’en empêche en  dirigeant le poing fermé vers la poche du tailleur de la dame. La petite fille s’éloigne à son tour.

Sur les haut parleurs une annonce la concernant se fait entendre.

 

Voix Off haut-parleurs

Les voyageurs à destination d’Innocence sont attendus porte N° 12 pour embarquement immédiat s’il vous plaît.

(Le même message est répété en anglais)

 

La petite dame se lève et se dirige vers la porte d’embarquement. Et tout en plongeant la main dans sa poche pour y sentir l’objet que la petite fille vient de lui donner.

La petite dame Voix Off
Émus de la douceur que le printemps apporte,
Nous ferons en avril des rêves plus troublants.

Elle sort de sa poche le don de la petite fille

 

La petite dame Voix Off

Et l'Amour sagement jouera sur notre porte
Et comptera les jours avec des cailloux blancs...

 

 

 

 

 

 

lundi 01 janvier 2007, a 09:56
2ème Poésie: L'nnocence d'Anna de Noaille
 

 
L’Innocence

d’Anna de Noailles

 

Les petites choses n'ont l'air de rien, mais elles donnent la paix. C'est comme les fleurs des champs, vois-tu. On les croit sans parfum, et toutes ensemble, elles embaument. La prière des petites choses est innocente. Dans chaque petite chose, il y a un Ange.

Georges Bernanos

1888-1948

 

2 /  Anna de NOAILLES                                          L’innocence (Poésie)

 

Si tu veux nous ferons notre maison si belle
Que nous y resterons les étés et l'hiver !
Nous verrons alentour fluet l'eau qui dégèle,
Et les arbres jaunis y redevenir verts.

Les jours harmonieux et les saisons heureuses
Passeront sur le bord lumineux du chemin,
Comme de beaux enfants dont les bandes rieuses
S'enlacent en jouant et se tiennent les mains.

Un rosier montera devant notre fenêtre
Pour baptiser le jour de rosée et d'odeur ;
Les dociles troupeaux, qu'un enfant mène paître,
Répandront sur les champs leur paisible candeur.

Le frivole soleil et la Lune pensive
Qui s'enroulent au tronc lisse des peupliers
Refléteront en nous leur âme lasse ou vive
Selon les clairs midis et les soirs familiers.

Nous ferons notre cœur si simple et si crédule
Que les esprits charmants des contes d'autrefois
Reviendront habiter dans les vieilles pendules
Avec des airs secrets, affairés et courtois.

Pendant les soirs d'hiver, pour mieux sentir la flamme,
Nous tâcherons d'avoir un peu froid tous les deux,
Et de grandes clartés nous danseront dans l'âme
A la lueur du bois qui semblera joyeux.

Émus de la douceur que le printemps apporte,
Nous ferons en avril des rêves plus troublants.
- Et l'Amour sagement jouera sur notre porte
Et comptera les jours avec des cailloux blancs...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Présentation
Bonjour. Gens de Poésie...de Cinéma et... d'ailleurs.

Je vous invite à quelques poésies des répertoires classique et contemporain et de leurs traitements cinématographiques.
Mon combat quotidien est de démontrer que la culture est une richesse à part entière. L'imagination, le rêve, le savoir, tous ces éléments que l'on pourrait considérer comme anti-matières ne sont pas comme on veut bien nous le faire croire ennemi du "fric" que l'on peut qualifier de matière. Le principe de dualité existe aussi pour ces deux états comme nous le révèle Florian dans sa poésie: La fable et la Vérité, ces deux sœurs qui ont besoin l'une de l'autre pour exister

Sallah Laddi.

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commentaire(s)
10ème poésie les fées de Charles Perrault Lionel (02/11/2009 16:25)

Charles Perrault a a...

13ème Poésie UNE PETITE LUMIERE. De Jean-Claude Brinette eme.s (05/09/2009 09:59)

bonjour jean claude ...

3ème poésie : BALLADE A LA LUNE yuyuyuyuyuyu (11/05/2009 07:30)

yyyy--èyyyrrrrrrrrrr...

13ème Poésie UNE PETITE LUMIERE. De Jean-Claude Brinette elsa (30/04/2009 18:54)

Bonjour! Je suis...

3ème poésie : BALLADE A LA LUNE anonyme (23/02/2009 10:55)

ouais????

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