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POESIES DE L'AVENT
mardi 20 février 2007, a 21:16
10ème poésie les fées de Charles Perrault
 

Charles PERRAULT                                                                                                  Les fées (Conte)

 

Il était une fois une veuve qui avait deux filles ; l'aînée lui ressemblait si fort et d'humeur et de visage, que qui la voyait, voyait la mère. Elles étaient toutes deux si désagréables et si orgueilleuses qu'on ne pouvait vivre avec elles. La cadette, qui était le vrai portrait de son Père pour la douceur et pour l'honnêteté, était avec cela une des plus belles filles qu'on eût su voir. Comme on aime naturellement son semblable, cette mère était folle de sa fille aînée, et en même temps avait une aversion effroyable pour la cadette. Elle la faisait manger à la cuisine et travailler sans cesse.

Il fallait entre autres choses que cette pauvre enfant allât deux fois le jour puiser de l'eau à une grande demi lieue du logis, et qu'elle en rapportât plein une grande cruche. Un jour qu'elle était à cette fontaine, il vint à elle une pauvre femme qui la pria de lui donner à boire.
- Oui-dà, ma bonne mère, dit cette belle fille ; et rinçant aussitôt sa cruche, elle puisa de l'eau au plus bel endroit de la fontaine, et la lui présenta, soutenant toujours la cruche afin qu'elle bût plus aisément. La bonne femme, ayant bu, lui dit :

- Vous êtes si belle, si bonne, et si honnête, que je ne puis m'empêcher de vous faire un don (car c'était une Fée qui avait pris la forme d'une pauvre femme de village, pour voir jusqu'où irait l'honnêteté de cette jeune fille). Je vous donne pour don, poursuivit la Fée, qu'à chaque parole que vous direz, il vous sortira de la bouche ou une Fleur, ou une Pierre précieuse.

Lorsque cette belle fille arriva au logis, sa mère la gronda de revenir si tard de la fontaine.

- Je vous demande pardon, ma mère, dit cette pauvre fille, d'avoir tardé si longtemps ; et en disant ces mots, il lui sortit de la bouche deux Roses, deux Perles, et deux gros Diamants.
- Que vois-je ? dit sa mère tout étonnée ; je crois qu'il lui sort de la bouche des Perles et des Diamants ; d'où vient cela, ma fille ?
(Ce fut là la première fois qu'elle l'appela sa fille.) La pauvre enfant lui raconta naïvement tout ce qui lui était arrivé, non sans jeter une infinité de Diamants.
- Vraiment, dit la mère, il faut que j'y envoie ma fille ; tenez, Fanchon, voyez ce qui sort de la bouche de votre soeur quand elle parle ; ne seriez-vous pas bien aise d'avoir le même don ? Vous n'avez qu'à aller puiser de l'eau à la fontaine, et quand une pauvre femme vous demandera à boire, lui en donner bien honnêtement. Il me ferait beau voir, répondit la brutale, aller à la fontaine. Je veux que vous y alliez, reprit la mère, et tout à l'heure.

Elle y alla, mais toujours en grondant. Elle prit le plus beau Flacon d'argent qui fût dans le logis. Elle ne fut pas plus tôt arrivée à la fontaine qu'elle vit sortir du bois une Dame magnifiquement vêtue qui vint lui demander à boire :

c'était la même Fée qui avait apparu à sa soeur mais qui avait pris l'air et les habits d'une Princesse, pour voir jusqu'où irait la malhonnêteté de cette fille.

- Est-ce que je suis ici venue, lui dit cette brutale orgueilleuse, pour vous donner à boire, justement j'ai apporté un Flacon d'argent tout exprès pour donner à boire à Madame !
J'en suis d'avis, buvez à même si vous voulez.
- Vous n'êtes guère honnête, reprit la Fée, sans se mettre en colère ; hé bien ! puisque vous êtes si peu obligeante, je vous donne pour don qu'à chaque parole que vous direz, il vous sortira de la bouche ou un serpent ou un crapaud.

D'abord que sa mère l'aperçut, elle lui cria :
- Hé bien, ma fille !
- Hé bien, ma mère ! lui répondit la brutale, en jetant deux vipères, et deux crapauds.
- ô Ciel ! s'écria la mère, que vois-je là ? C'est sa soeur qui en est cause, elle me le payera ;
et aussitôt elle courut pour la battre. La pauvre enfant s'enfuit, et alla se sauver dans la Forêt prochaine.

Le fils du Roi qui revenait de la chasse la rencontra et la voyant si belle, lui demanda ce qu'elle faisait là toute seule et ce qu'elle avait à pleurer. Hélas ! Monsieur c'est ma mère qui m'a chassée du logis. Le fils du Roi, qui vit sortir de sa bouche cinq ou six Perles, et autant de Diamants, la pria de lui dire d'où cela lui venait. Elle lui conta toute son aventure. Le fils du Roi en devint amoureux, et considérant qu'un tel don valait mieux que tout ce qu'on pouvait donner en mariage à un autre, l'emmena au Palais du Roi son père où il l'épousa. Pour sa soeur elle se fit tant haïr que sa propre mère la chassa de chez elle ; et la malheureuse, après avoir bien couru sans trouver personne qui voulût la recevoir alla mourir au coin d'un bois.

Autre Moralité

L'honnêteté coûte des soins,
Elle veut un peu de complaisance,
Mais tôt ou tard elle a sa récompense,
Et souvent dans le temps qu'on y pense le moins  

mardi 20 février 2007, a 21:02
10ème poésie les fées de charles perrault
 

  Les fées

Continuité Dialoguée

1er Version

 

(Les fées peuvent clôturer la série des poésies de l’Avent. Une histoire un peu plus longue que les autres traitements)

 

 

1.       Clairière. EXTERIEUR. AUBE

A la lisière d’une forêt, une maisonnette avec une cheminée qui laisse échapper une fumée matinale.

Voix Off

L’histoire que je vais vous raconter se passa il n’y a pas très longtemps dans une petite maison à la lisière d’une étrange forêt.

 

 

2.      Salon. INTERIEUR. JOUR

Dans un intérieur cossu, un grand père est assis sur un fauteuil, un livre sur les genoux et fait face à ses deux petits enfants  allongés sur le ventre par terre et qui l’écoutent.

·                                            Une petite fille délicate.

·                                            Un petit garçon à l’air canaille.

 

Le grand père

(Demande aux enfants)

Vous imaginez, voyez dans votre tête la petite maison ?

 

Les enfants les yeux rivés sur le grand père imaginent la scène.

 

 

3.      Insert

La petite maison au bord de la forêt.

 

 

4.      Salon. INTERIEUR. JOUR

Le grand père ouvre un livre et se met à lire.

 

Le grand père

Il était une fois une veuve qui avait deux filles ; l'aînée lui ressemblait si fort et d'humeur et de visage, que qui la voyait, voyait la mère.

 

5.      Insert

La tête acariâtre de la mère emplit le cadre.

 

 

6.      Salon. INTERIEUR. JOUR

 

 

Le grand père

Elles étaient toutes deux si désagréables et si orgueilleuses qu'on ne pouvait vivre avec elles.

 

Le grand père regarde ses deux petits enfants tous deux accoudés et la tête reposant dans leurs mains.

 

 

7.      Pièce principale de la maisonnette. INTERIEUR JOUR

La mère et la fille assises sur un divan avec un air pincé et portant beau linge. La fille s’évertue sur une broderie. La petite aiguille pique l’index de cette dernière qui jette tout par terre en s’exclamant.

 

La fille aînée

Ah je déteste la broderie !

 

La mère jette un regard un coin vers sa fille.

 

 

8.      Salon. INTERIEUR. JOUR

Le grand père dans le salon poursuit son histoire.

 

Le grand père

Mais il y avait dans la maison une deuxième fille.

 

 

9.      Pièce principale de la maisonnette. INTERIEUR JOUR

 

La mère

(Ordonnant)

Alors ce thé, c’est pour aujourd’hui ou pour demain !

 

De la cuisine une jeune fille attifée d’une vieille robe, entre avec un plateau portant théière, tasse et petit biscuit.

La cadette sert avec une infinie précaution les deux monstres aux regards inquisiteurs. Une fois servit, la cadette recule de deux pas et se poste devant elles.

 

Le grand père (Voix Off)

La cadette, qui était le vrai portrait de son Père pour la douceur et pour l'honnêteté, était avec cela une des plus belles filles qu'on eût su voir.

Comme on aime naturellement son semblable, cette mère était folle de sa fille aînée, et en même temps avait une aversion effroyable pour la cadette.

 

La mère tout en portant la tasse vers ses petites lèvres et en montrant du bout des sourcil la broderie que l’aînée vient de jeter à terre.

 

 

La mère

Ramasse !

 

 

10.  Salon. INTERIEUR. JOUR

La petite fille face à son grand père.

 

La petite fille

Un peu comme Cendrillon.

 

Le grand père

(Relevant le nez, Répète)

Oui. Un peu comme Cendrillon.

 

 

11.   Clairière. EXTERIUR ; AUBE

La cadette sort de la maison avec une cruche dans les bras.

 

Le grand père (Voix Off)

Il fallait entre autres choses que cette pauvre enfant allât deux fois le jour puiser de l'eau à une grande demi lieue du logis, et qu'elle en rapportât pleine une grande cruche.

 

 

12.   Forêt. EXTERIEUR .AUBE

Pendant que les enfants questionnent leur grand père, la cadette traverse la forêt.

 

 

Le garçon (Voix Off)

C’est quoi une demi lieue grand père ?

 

Le grand père (Voix Off)

Une demi lieue c’est distance qui représente 2 kilomètres 777 mètres exactement.

 

Le garçon (Voix Off)

C’est loin ?

 

Le grand père (Voix Off)

Pour une petite fille. Oui c’est loin.

 

La petite fille (Voix off)

Et la cruche Grand père, combien il y a de litre dans la grande cruche ?

 

Le grand père (voix Off)

Je ne sais pas peut-être 5 litres, peut-être 10 litres. Bon je continue.

 

 

13.   Près de la fontaine. EXTERIUR ; AUBE

 

Voix Off

Un jour qu'elle était à cette fontaine.

 

La cadette s’agenouille et s’apprête à emplir la cruche d’eau.

Une vieille et pauvre femme sort de la végétation et vient se poster devant la cadette.


La vieille Femme

J’ai soif. Donne-moi à boire.

 

La jeune fille est surprise par cette apparition. Elle se lève pour la recevoir.

 

La jeune fille

Oui, ma bonne mère

 

Elle plonge la cruche dans l’eau, la rince et elle puise de l'eau au plus bel endroit de la fontaine, et la lui présente, soutenant toujours la cruche afin que la vieille femme puisse boire plus aisément.

 

La vieille femme

(Ayant bu)

Merci ma belle.

 

La vieille et pauvre femme se transforma en une jeune et jolie fée.

 

La fée

Vous me paraissez d’une bien belle honnêteté jeune fille et je vous donne pour don, qu'à chaque parole que vous direz, il vous sortira de la bouche ou une Fleur, ou une Pierre précieuse.

 

 

14.   Cuisine de la maisonnette. INT NUIT

La jeune fille arrive au logis visiblement en retard. Elle entre dans la cuisine. Au même moment la mère entre à son tour.

 

La mère

Où étais-tu fille de rien. Toujours à rêvasser !

 

Elle arrache la cruche des mains de la jeune fille. Apeurée la jeune fille se protège le visage et dit.

La jeune fille

Je vous demande pardon, ma mère d'avoir tardé si longtemps.

 

En disant ces mots, il lui sortit de la bouche deux Roses, deux Perles, et deux gros Diamants.
La mère, surprise, a un mouvement de recul.

Elle se baisse et ramasse les deux perles et les deux diamants.

 

La mère

D'où vient cela, ma fille ?

  Le grand père (Voix Off)

Ce fut là, la première fois qu'elle l'appela sa fille.

La pauvre enfant lui raconta naïvement tout ce qui lui était arrivé, non sans jeter une infinité de diamants.

 

La mère écouta avec attention le récit et tout en ramassant les précieuses pierres dans son regard naît une idée vile.

 

 

15.  Salon. INTERIEUR. JOUR

La petite fille dit à son grand père.

 

La petite fille

La mère, elle va être plus gentille avec sa petite fille maintenant qu’elle est riche.

 

 

Le grand père

Hum !!!

 

Le petit garçon

(Impatient)

Alors grand père, la suite.

 

Le grand père

Eh bien la suite, c’est que le lendemain matin, la mère saisit la cruche et la tend vers son laideron de fille aînée.

 

16.   Pièce principale de la maisonnette. INTERIEUR JOUR

 

La mère

Tenez, Fanchon, vous avez vu ce qui sort de la bouche de votre soeur quand elle parle ; ne seriez-vous pas bien aise d'avoir le même don ? Vous n'avez qu'à aller puiser de l'eau à la fontaine, et quand une pauvre femme vous demandera à boire, je vous ordonne de lui en donner et bien honnêtement.

 

Toute ronchonne et affalée sur un divan, elle répond avec brutalité.

 

La brutale

Pourquoi mère voulez-vous m’envoyer à la fontaine ?

 

La mère 

Je veux que vous y alliez, reprit la mère, et sur le champ.

 

Le grand père (Voix Off) 

Elle se lève, toujours en grondant.

Elle attrape la cruche que la mère lui tend et dans un élan de colère, elle la brise en éclat sur le sol.

Elle ouvre un placard et attrape  le plus beau Flacon d'argent qui fût.

 

 

17.  Forêt. EXTERIUR ; AUBE

 

Le grand père (Voix Off) 

Elle arpente d’un pas pressé un chemin dans la forêt tout en grondant.

 

 

18.  Près de la fontaine. EXTERIUR ; AUBE

 

Le grand père (Voix Off) 

Elle atteint la petite fontaine et à peine a-t-elle plongé le flacon d’argent dans l’eau.

 

Une Dame magnifiquement vêtue apparaît.

La brutale ne daigne même lever son regard vers la nouvelle venue


La Fée

J’ai soif. Donne-moi à boire.

 

La brutale relève enfin son visage. Elle dévisage la belle dame.

 

La brutale

Je sais, je suis venue ici exprès  pour vous donner à boire. 

 

Elle lui jette le flacon qui éclabousse la magnifique robe.

 

La brutale

Buvez à même si vous voulez.

 

La Fée attrape délicatement le flacon qui flotte sur la surface de l’eau et sans se mettre en colère.


La fée

Vous n'êtes guère honnête! Puisque vous êtes si peu obligeante, je vous donne pour don qu'à chaque parole que vous direz, il vous sortira de la bouche ou un serpent ou un crapaud.

 

 

19.  Salon. INTERIEUR. JOUR

Les enfants imitent tout en se roulant par terre avec des grimaces la malédiction subie par la brutale.


La petite fille

Berk ! Des crapauds dans la bouche.

 

Le petit garçon

(Faisant la grimace)

Bah ! Et des serpents.

 

Le grand père

(Calmant les deux jeunes enfants)

Attendez, attendez, écoutez la suite.

(Les enfants se concentrent)

De retour à la maison sa mère vient à sa rencontre.

 

 

20.   Devant la maisonnette. EXTERIEUR. JOUR

Surveillant sa fille par la fenêtre, la mère sort de la maison.

 

La mère

Hé bien, ma fille !


La brutale

Hé bien, ma mère !

 

A ces mots, la brutale, jeta deux vipères, et deux crapauds.

La mère horrifiée s’écria dans un mouvement de recul.

 

La mère

Ciel ! Ma fille que t’arrive t-il donc ?

 

La brutale en pleurs se jette dans les bras de sa mère pour chercher un réconfort mais celle-ci la repousse d’un geste apeuré et maladroit.

Repoussant son aînée elle se tourne vers la cadette, et menaçante, essaie de la saisir.


La mère

(À la cadette)

C'est de ta faute et tu  me le payeras.

 

 

21.   Forêt. EXTERIEUR ; JOUR

La cadette court dans la forêt. Un cavalier arrive vers elle et stoppe sa monture, barrant la course de la jeune fille.

 

Le grand père (Voix Off)

Apeurée,  la pauvre enfant s'enfuit, et va trouver refuge dans la Forêt.

Un fils de Roi qui revenait de la chasse la rencontre, et la voyant si belle, lui demande ce qu'elle fait là toute seule et ce qu'elle a à pleurer comme ça ?

 

Le petit garçon (Voix Off)

Ah non grand père ne nous dit pas qu’ils vont tomber amoureux et qu’il vont se marier…

 

La petite fille (Voix Off)

(Poursuit)

…  qu’il vont vivre heureux et longtemps et qu’il vont avoir beaucoup d’enfant !

 

 

22.  Salon. INTERIEUR. JOUR

Le grand père refermant son livre.

 

 Le grand père

Non, ça, c’est que dans les contes.

 

A ce moment là. La porte s’ouvre brusquement. Dans le chambranle de la porte se poste une femme en tenue de gouvernante, c’est le même personnage que les enfants ont imaginé dans le rôle de la mère acariâtre

 

La gouvernante

(D’un ton autoritaire)

Il est l’heure d’aller se coucher !

 

Aussi raide que puisse l’être un manche à balai, elle attend la venue des deux enfants sur le seuil.

Avant de quitter le salon les deux enfants lancent à leur grand père.

 

Le grand père

Bonne nuit grand père.

 

Toujours assis le grand père leur murmure.

 

  Le grand père

Bonne nuit.

 

A ces mots deux fleurs sortent de la bouche du grand père.

Les deux enfants regardent émerveillés cette magie inattendue.

Mais le bras de la gouvernante tire la porte qui se ferme avec brutalité.

 

            FONDU AU NOIR

                                                          

Le grand père (Voix Off)

L'honnêteté coûte des soins,
Elle veut un peu de complaisance,
Mais tôt ou tard elle a sa récompense,
Et souvent dans le temps qu'on y pense le moins.

samedi 03 février 2007, a 11:31
9 ème poésie Le sermon en proverbe.
 

  9 / ANONYME DU XVIIIème                

Le sermon en proverbes (Lettre ouverte)



"Ce que nous faisons dans la vie, résonne dans l'éternité"

 

 

Mes chers frères,

Cette vérité devrait faire trembler bien des pécheurs ; car enfin Dieu est bon,

mais aussi qui aime bien châtie bien. Il ne suffit pas de dire : je me convertirai ;

 ce sont des propos en l’air ; autant en emporte le vent. Un bon tien vaut

mieux que deux tu l’auras ; on sait bien où l’on est, mais on ne sait pas où

l’on va, et il faut éviter de troquer son cheval borgne contre un aveugle.

 

Au surplus, mes chers frères. Il n’est pire sourd que celui qui ne veut pas

entendre; et l’on ne peut faire boire un âne s’il n’a soif ; mais comme un

fou avise bien un sage, je vous dis votre fait, et ne vais pas chercher midi à

quatorze heures.

 

Oui, mes frères, vous faites des châteaux en Espagne ; mais prenez garde, le démon vous guette comme le chat le fait de la souris ; il fait d’abord patte de velours ; mais quand une fois il vous tiendra dans ses griffes, alors vous aurez beau vous chatouiller pour vous faire rire, et faire le bon apôtre, vous en aurez tout du long et tout du large.

 

Mais si quelqu’un revenait de l’autre monde et qu’il en apportât des nouvelles, alors on y regarderait à deux fois ; quand on sait ce qu’en vaut l’aune, on y met le prix ; mais là-dessus les plus clairvoyants n’y voient goutte et la nuit tous les chats sont gris.

 

Prenez garde, disait un grand homme, n’éveillez pas le chat qui dort. Vous êtes à l’aise comme rats en paille ; vous avez le dos au feu et le ventre à table ; on vous prêche, et vous n’écoutez pas  mais ne dit-on pas : ventre affamé n’a point d’oreilles ; mais aussi rira bien qui rira le dernier.

Tout passe, tout casse, tout lasse ; ce qui vient de la flûte retourne au tambour ; et l’on se trouve le cul entre deux selles ; mais alors il n’est plus temps, il est trop tard de fermer l’écurie quand les chevaux sont dehors.

 

Souvenez-vous bien, mes chers frères, de cette leçon ; faites vie qui dure; il ne s’agit pas de brûler la chandelle par les deux bouts. Qui trop embrasse mal étreint ; et qui court deux lièvres à la fois n’en prend point. Mais contre mauvaise fortune il faut faire bon cœur et battre le fer tandis qu’il est chaud.

 

Oui, messieurs. Bonne renommée vaut mieux que ceinture dorée. Les riches payent pour les pauvres, et ils se servent souvent de la patte du chat pour en tirer les marrons hors du feu ; mais chacun pour soi, et Dieu pour tous.

 

Un auteur célèbre a dit :

" Chacun son métier, les vaches seront bien gardées " ; et comme on fait son lit, on se couche. Tous les chemins vont à Rome, dit-on, mais il faut les connaître, et ne pas prendre ceux qui sont pleins de pierres ; il faut aller droit en besogne, et ne pas mettre la charrue devant les bœufs. Si le démon veut vous dérouter, laissez-le hurler ; chien qui aboie ne mord pas ; soyez bons chevaux de trompette, ne vous effarouchez pas du bruit. Les méchants vous riront au nez mais c’est un rire qui ne passe pas le nœud de la gorge; après la pluie le beau temps ; et après la peine le plaisir. Moquez-vous du qu’en dira-t-on, et ne croyez pas que qui se fait brebis, le loup le mange.

 

Écoutez bien ceci, mes frères, je vous parle d’abondance de cœur. Quiconque fera du bien trouvera le bien. Les écrits sont des mâles, et les paroles sont des femelles, dit-on, mais on prend le boeuf par les cornes, et l’homme par les paroles, et quand les paroles sont dites, l’eau bénite est faite.

 

Faites donc de sérieuses réflexions, mes frères, choisissez d’être à Dieu ou au diable ; il n’y a pas de milieu ; il faut passer par la porte ou par la fenêtre ; vous n’êtes pas ici pour enfiler des perles, mais pour faire votre salut ; le démon a beau vous dorer la pilule, quand le vin est tiré, il faut le boire, et c’est au fond du pot qu’on trouve le marc.

Au reste, à l’impossible nul n’est tenu ; je ne peux pas vous sauvez malgré vous. On dit que ce n’est rien de parler, le tout est d’agir ; et comme charité bien ordonnée commence par soi-même, je vais tâcher de tirer mon épingle du jeu ; alors, quand je serai sauvé, advienne que pourra, moi, je m’en lave les mains.

 

 

 

samedi 03 février 2007, a 11:27
9ème Poesies Le sermon en proverbes. Le scénario
 

  LE SERMON EN PROVERBES

Continuité Dialoguée

1er Version

 

Résumé : Cet épisode s’adresse indirectement à ceux qui ont la prétention ou le désir d’assumer des responsabilités politiques. 

Le décor désiré pour cette histoire pourrait symboliquement être un lieu comme l’assemblée Nationale.

Le narrateur comédien est sur la tribune, et s’adresse à l’hémicycle, mais il est vide. Le comédien quitte alors le gradin et emprunte les couloirs de cette noble maison.

Le comédien terminera son sermon en descendant les marches extérieures de ce prestigieux lieu de la république.

 

 

1. Hémicycle. Assemblée Nationale. INTERIEUR. JOUR

Dans un profond silence, un homme élégamment vêtu monte à la tribune de l’assemblée nationale.

Tout en découvrant le lieu d’un regard circulaire, il sort de la poche intérieure de sa veste une feuille blanche qu’il pose sur le luxueux pupitre et commence son discours.

 

L’homme

Mes chers frères.

Cette vérité devrait faire trembler bien des pécheurs ; car enfin ne dit-on pas que : Dieu est bon et qui aime bien châtie bien, mais il ne suffit pas de dire : je me convertirai ; ce sont là, des propos en l’air ; autant en emporte le vent.

Un bon tien vaut mieux que deux tu l’auras.

 

Le point de vue s’éloigne et s’élève et on découvre que l’hémicycle est vide .

 

L’homme

Au surplus, mes chers frères. Il n’est pire sourd que celui qui ne veut pas

entendre; et l’on ne peut faire boire un âne s’il n’a soif ; mais comme un

fou avise bien un sage, je vous dis votre fait, et ne vais pas chercher midi à

quatorze heures.

Oui, mes frères, vous faites des châteaux en Espagne ; mais prenez garde, le démon vous guette comme le chat le fait de la souris ; il fait d’abord patte de velours ; mais quand une fois il vous tiendra dans ses griffes, alors vous aurez beau vous chatouiller pour vous faire rire, et faire le bon apôtre, vous en aurez tout du long et tout du large.

 

L’homme fait une brève pose silencieuse. Puis il reprend son sermon

 

L’homme

Mais si quelqu’un revenait de l’autre monde et qu’il en apportât des nouvelles, alors on y regarderait à deux fois ; quand on sait ce qu’en vaut l’aune, on y met le prix ; mais là-dessus les plus clairvoyants n’y voient goutte et la nuit tous les chats sont gris.

 

Il quitte le gradin.

L’homme

Prenez garde, disait un grand homme, n’éveillez pas le chat qui dort. Vous êtes à l’aise comme rats en paille ; vous avez le dos au feu et le ventre à table ; on vous prêche, et vous n’écoutez pas  mais ne dit-on pas : ventre affamé n’a point d’oreilles ; mais aussi rira bien qui rira le dernier.

Il quitte l’hémicycle.

 

 

Couloir. Assemblée Nationale. INTERIEUR. JOUR

L’homme tout en continuant son sermon emprunte  les magnifiques couloirs, également vide de toute présence.

 

L’homme

Souvenez-vous bien, mes chers frères, de cette leçon ; faites vie qui dure; il ne s’agit pas de brûler la chandelle par les deux bouts. Qui trop embrasse mal étreint ;

 

Oui, messieurs. Bonne renommée vaut mieux que ceinture dorée. Les riches payent pour les pauvres, et ils se servent souvent de la patte du chat pour en tirer les marrons hors du feu ; mais chacun pour soi, et Dieu pour tous.

Un auteur célèbre a dit :

" Chacun son métier, les vaches seront bien gardées " ; et comme on fait son lit, on se couche. Tous les chemins vont à Rome, dit-on, mais il faut les connaître, et ne pas prendre ceux qui sont pleins de pierres ; il faut aller droit en besogne, et ne pas mettre la charrue devant les bœufs. Si le démon veut vous dérouter, laissez-le hurler ; chien qui aboie ne mord pas. Les méchants vous riront au nez mais c’est un rire qui ne passe pas le nœud de la gorge; après la pluie le beau temps ; et après la peine le plaisir. Moquez-vous du qu’en dira-t-on, et ne croyez pas que qui se fait brebis, le loup le mange.

 

Écoutez bien ceci, mes frères, je vous parle d’abondance de cœur. Quiconque fera du bien trouvera le bien. Les écrits sont des mâles, et les paroles sont des femelles, dit-on, mais on prend le boeuf par les cornes, et l’homme par les paroles, et quand les paroles sont dites, l’eau bénite est faite.

 

L’homme se dirige vers une porte qui donne vers l’extérieur.

 

 

Marches extérieures. Assemblée Nationale. EXTERIEUR. JOUR

 L’homme est à présent à l’extérieur de l’édifice et continue son propos. Le point de vue s’immobilise et le comédien descend les marches et s’éloigne vers le trafic urbain en arrière plan.

 

L’homme

Faites donc de sérieuses réflexions, mes frères; vous n’êtes pas ici pour enfiler des perles, mais pour faire votre salut ; le démon a beau vous dorer la pilule, quand le vin est tiré, il faut le boire, et c’est au fond du pot qu’on trouve le marc.

Au reste, à l’impossible nul n’est tenu ; je ne peux pas vous sauvez malgré vous. On dit que ce n’est rien de parler, le tout est d’agir ; et comme charité bien ordonnée commence par soi-même, je vais tâcher de tirer mon épingle du jeu ; alors, quand je serai sauvé, advienne que pourra, moi, je m’en lave les mains.

 

FIN

 

Présentation
Bonjour. Gens de Poésie...de Cinéma et... d'ailleurs.

Je vous invite à quelques poésies des répertoires classique et contemporain et de leurs traitements cinématographiques.
Mon combat quotidien est de démontrer que la culture est une richesse à part entière. L'imagination, le rêve, le savoir, tous ces éléments que l'on pourrait considérer comme anti-matières ne sont pas comme on veut bien nous le faire croire ennemi du "fric" que l'on peut qualifier de matière. Le principe de dualité existe aussi pour ces deux états comme nous le révèle Florian dans sa poésie: La fable et la Vérité, ces deux sœurs qui ont besoin l'une de l'autre pour exister

Sallah Laddi.

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commentaire(s)
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