| lundi 08 janvier 2007, a 19:46 |
| 7ème poésie : LE SCENARIO La Fable et la vérité de Florian |
LA
FABLE ET LA VERITE
Continuité
Dialoguée
1er Version
1.
Fond noir.
Une voix off masculine.
Le narrateur
La vérité,
toute nue,
Sortit un jour de son puits.
2.
Rue marchande. EXTERIEUR.
CREPUSCULE
Le corps d'une femme vient violemment heurter le sol
et s'écrase au beau milieu d'une foule qui s'adonne aux joies du shopping.
Surpris par cet accident, les gens s'écartent et
regardent médusés cette silhouette recroquevillée et enveloppée d'une cape
loqueteuse.
Les témoins en état de choc forme un cercle
silencieux autour du corps immobile et se rapproche lentement.
A la stupéfaction générale, le corps frémit et le
cercle des badauds s'élargit.
La silhouette prend appuie sur ses mains se lève
avec difficulté.
Une exclamation parcours les témoins de cette scène.
Chancelante dans sa cape loqueteuse avec ses longs
cheveux noirs qui cachent son visage, La Vérité relève doucement sa tête et à
travers sa chevelure d'ébène, un œil bleu perçant regarde apeuré ces chalands
emmitouflés dans leurs manteaux avec leurs sacs et leurs cadeaux.
Le narrateur
Ses attraits
par le temps étaient un peu détruits ;
La
Vérité tend son bras vers la foule qui recule un peu plus.
En
arrière-plan une luxueuse voiture blanche vient stationner.
3.
Habitacle de la limousine.
INTERIEUR. CREPUSCULE
On
découvre à travers la vitre teintée la scène, on devine aussi le reflet raffiné
de l'intérieur de la limousine ainsi que le regard bien dessiné de sa
passagère.
Le
doigt d'une main gantée élégamment actionne la descente de la vitre.
Le
décor intérieur du véhicule s'efface et laisse place à la cohue.
Au
centre La vérité tente de rassurer la foule.
La Vérité
N'ayez pas peur,
je suis votre amie
Une
femme tire son enfant et le protège en le jetant en arrière.
Le narrateur
Jeune et vieux
fuyaient à sa vue.
D'autres
détournent leurs regards.
D'autres
s'éloignent.
La
portière de la limousine s'ouvre et laisse apparaître une jolie jambe de femme
élégamment chaussée.
Dans
la foule, La vérité ne trouvant aucun écho, épuisée, elle va s'asseoir et
s'adosse au mur gris.
Le narrateur
La pauvre vérité restait là
morfondue,
Sans trouver un asile où pouvoir habiter.
Elle baisse la tête et se met à pleurer.
Le
cercle se reforme et la riche passagère se fraie un chemin parmi la foule
agglutiner jusqu'à la malheureuse.
Le narrateur
A ses yeux vient se présenter
La fable, richement vêtue,
Portant plumes et diamants,
La plupart faux, mais très brillants.
La
Fable une belle blonde bien mise entre dans le cercle et s'arrête en son
milieu.
Elle
porte ses mains à ses hanches et dévisage la pauvre vérité on ressent chez elle
une certaine impatience.
La Fable
Eh ! Vous voilà !
La
vérité relève doucement sa tête, mais ne répond pas.
La Fable
Bon jour.
La
Vérité ne répond pas.
La Fable
Que faites-vous ici seule
sur un chemin ?
La
foule à présent plus curieuse qu'effrayée assiste à cette curieuse rencontre.
La
Vérité dégage ses cheveux d'un geste de la main et son visage apparait.
La Vérité
Vous le voyez, je gèle ;
Aux passants je demande en
vain
De me donner une retraite,
Elle
porte un regard incrédule vers la foule.
La Vérité (Off)
Je leur fais peur à tous :
hélas ! Je le vois bien,
La
fable dévisage également ces anonymes
La Vérité (Off)
Vieille femme n'obtient plus
rien.
La
Fable surprise se tourne vers La Vérité.
La Fable
Vous êtes pourtant ma
cadette,
et, sans vanité,
Partout je suis fort bien reçue :
Mais aussi, dame vérité,
La Vérité toujours adossé au mur, écoute dubitative.
La Fable (Off)
Pourquoi vous montrer toute
nue ?
Cela n'est pas adroit : tenez,
La
Fable tend sa main et aide La Vérité à se relever.
La Fable
Arrangeons-nous ;
Qu'un même intérêt nous rassemble :
Les
deux femmes se font face.
La Fable
Venez sous mon manteau, nous
marcherons ensemble.
Chez le sage, à cause de vous,
Je ne serai point rebutée ;
A cause de moi, chez les fous
Vous ne serez point maltraitée :
Le
point s'élève découvrant les deux femmes au milieu d'une foule formant un
cercle.
La Fable
Servant, par ce moyen,
chacun selon son goût,
Grâce à votre raison, et grâce à ma folie,
Vous verrez, ma soeur, que partout
Nous passerons de compagnie.
FIN
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