Les fées
Continuité
Dialoguée
1er Version
(Les fées peuvent clôturer la série des poésies de
l’Avent. Une histoire un peu plus longue que les autres traitements)
1.
Clairière. EXTERIEUR. AUBE
A la lisière d’une forêt, une maisonnette avec une
cheminée qui laisse échapper une fumée matinale.
Voix Off
L’histoire que je vais vous raconter se passa il n’y a pas très
longtemps dans une petite maison à la lisière d’une étrange forêt.
2.
Salon. INTERIEUR. JOUR
Dans un intérieur cossu, un grand père est assis sur
un fauteuil, un livre sur les genoux et fait face à ses deux petits
enfants allongés sur le ventre par terre
et qui l’écoutent.
·
Une petite fille délicate.
·
Un petit garçon à l’air canaille.
Le grand père
(Demande aux enfants)
Vous imaginez, voyez dans votre tête la petite maison ?
Les enfants les yeux rivés sur le grand père
imaginent la scène.
3.
Insert
La petite maison au bord de la forêt.
4.
Salon. INTERIEUR. JOUR
Le grand père ouvre un livre et se met à lire.
Le grand père
Il était une fois une veuve qui avait deux filles ; l'aînée lui
ressemblait si fort et d'humeur et de visage, que qui la voyait, voyait la
mère.
5.
Insert
La tête acariâtre de la mère emplit le cadre.
6.
Salon. INTERIEUR. JOUR
Le grand père
Elles
étaient toutes deux si désagréables et si orgueilleuses qu'on ne pouvait vivre
avec elles.
Le
grand père regarde ses deux petits enfants tous deux accoudés et la tête
reposant dans leurs mains.
7.
Pièce principale de la maisonnette. INTERIEUR JOUR
La
mère et la fille assises sur un divan avec un air pincé et portant beau linge.
La fille s’évertue sur une broderie. La petite aiguille pique l’index de cette
dernière qui jette tout par terre en s’exclamant.
La fille aînée
Ah je déteste la broderie !
La mère jette un regard un coin vers sa fille.
8.
Salon. INTERIEUR. JOUR
Le grand père dans le salon poursuit son histoire.
Le grand père
Mais il y avait dans la maison une deuxième fille.
9.
Pièce principale de la maisonnette. INTERIEUR JOUR
La mère
(Ordonnant)
Alors ce thé, c’est pour aujourd’hui ou pour demain !
De la cuisine une jeune fille attifée d’une vieille
robe, entre avec un plateau portant théière, tasse et petit biscuit.
La cadette sert avec une infinie précaution les deux
monstres aux regards inquisiteurs. Une fois servit, la cadette recule de deux
pas et se poste devant elles.
Le grand père (Voix Off)
La cadette, qui était le vrai portrait de son Père pour la douceur et
pour l'honnêteté, était avec cela une des plus belles filles qu'on eût su voir.
Comme on aime naturellement son semblable, cette mère était folle de sa
fille aînée, et en même temps avait une aversion effroyable pour la cadette.
La mère tout en portant la tasse vers ses petites
lèvres et en montrant du bout des sourcil la broderie que l’aînée vient de
jeter à terre.
La mère
Ramasse !
10.
Salon. INTERIEUR. JOUR
La petite fille face à son grand père.
La petite fille
Un peu comme Cendrillon.
Le grand père
(Relevant le nez, Répète)Oui. Un peu comme Cendrillon.
11.
Clairière. EXTERIUR ; AUBE
La cadette sort de la maison avec une cruche dans
les bras.
Le grand père (Voix Off)
Il fallait entre autres choses que cette pauvre enfant allât deux fois
le jour puiser de l'eau à une grande demi lieue du logis, et qu'elle en
rapportât pleine une grande cruche.
12.
Forêt. EXTERIEUR .AUBE
Pendant que les enfants questionnent leur grand
père, la cadette traverse la forêt.
Le garçon (Voix Off)
C’est quoi une demi lieue grand père ?
Le grand père (Voix Off)
Une demi lieue c’est distance qui représente 2 kilomètres 777 mètres
exactement.
Le garçon (Voix Off)
C’est loin ?
Le grand père (Voix Off)Pour une petite fille. Oui c’est loin.
La petite fille (Voix off)
Et la cruche Grand père, combien il y a de litre dans la grande
cruche ?
Le grand père (voix Off)
Je ne sais pas peut-être 5 litres, peut-être 10 litres. Bon je
continue.
13.
Près de la fontaine. EXTERIUR ; AUBE
Voix Off
Un jour qu'elle était à cette fontaine.
La cadette s’agenouille et s’apprête à emplir la
cruche d’eau.
Une vieille et pauvre femme sort de la végétation et
vient se poster devant la cadette.
La vieille Femme
J’ai soif. Donne-moi à boire.
La jeune fille est surprise par cette apparition.
Elle se lève pour la recevoir.
La jeune fille
Oui, ma bonne
mère
Elle plonge la cruche dans l’eau, la rince et elle
puise de l'eau au plus bel endroit de la fontaine, et la lui présente,
soutenant toujours la cruche afin que la vieille femme puisse boire plus
aisément.
La vieille femme
(Ayant bu)
Merci ma belle.
La vieille et pauvre femme se transforma en une jeune et jolie fée.
La fée
Vous me paraissez d’une bien belle honnêteté jeune fille et je vous
donne pour don, qu'à chaque parole que vous direz, il vous sortira de la bouche
ou une Fleur, ou une Pierre précieuse.
14. Cuisine de la maisonnette. INT NUIT
La jeune fille arrive au logis visiblement en
retard. Elle entre dans la cuisine. Au même moment la mère entre à son tour.
La mère
Où étais-tu fille de rien. Toujours à rêvasser !
Elle arrache la cruche des mains de la jeune fille.
Apeurée la jeune fille se protège le visage et dit.
La jeune fille
Je vous demande pardon, ma mère d'avoir tardé si longtemps.
En disant ces mots, il lui sortit de la bouche deux
Roses, deux Perles, et deux gros Diamants.
La mère, surprise, a un mouvement de recul.
Elle se baisse et ramasse les deux perles et les
deux diamants.
La mère
D'où vient cela, ma fille ?
Le grand père (Voix Off)
Ce fut là, la première fois qu'elle l'appela sa fille.
La pauvre enfant lui raconta naïvement tout ce qui lui était arrivé,
non sans jeter une infinité de diamants.
La mère écouta avec attention le récit et tout en
ramassant les précieuses pierres dans son regard naît une idée vile.
15.
Salon. INTERIEUR. JOUR
La petite fille dit à son grand père.
La petite fille
La mère, elle va être plus gentille avec sa petite fille maintenant
qu’elle est riche.
Le grand père
Hum !!!
Le petit garçon
(Impatient)
Alors grand père, la suite.
Le grand père
Eh bien la suite, c’est que le lendemain matin, la mère saisit la
cruche et la tend vers son laideron de fille aînée.
16. Pièce principale de la maisonnette. INTERIEUR
JOUR
La mère
Tenez, Fanchon, vous avez vu ce qui sort de la bouche de votre soeur
quand elle parle ; ne seriez-vous pas bien aise d'avoir le même don ? Vous
n'avez qu'à aller puiser de l'eau à la fontaine, et quand une pauvre femme vous
demandera à boire, je vous ordonne de lui en donner et bien honnêtement.
Toute ronchonne et affalée sur un divan, elle répond
avec brutalité.
La brutale
Pourquoi mère voulez-vous m’envoyer à la fontaine ?
La mère
Je veux que vous y alliez, reprit la mère, et sur le champ.
Le grand père (Voix Off)
Elle se lève, toujours en grondant.
Elle attrape la cruche que la mère lui tend et dans un élan de colère,
elle la brise en éclat sur le sol.
Elle ouvre un placard et attrape
le plus beau Flacon d'argent qui fût.
17.
Forêt. EXTERIUR ; AUBE
Le grand père (Voix
Off)
Elle arpente d’un pas pressé un chemin dans la forêt tout en grondant.
18.
Près de la fontaine.
EXTERIUR ; AUBE
Le grand père (Voix Off)
Elle atteint la petite fontaine et à peine a-t-elle plongé le flacon
d’argent dans l’eau.
Une Dame magnifiquement vêtue apparaît.
La brutale ne daigne même lever son regard vers la
nouvelle venue La Fée
J’ai soif. Donne-moi à boire.
La brutale relève enfin son visage. Elle dévisage la
belle dame.
La brutale
Je sais, je suis venue ici exprès
pour vous donner à boire.
Elle lui jette le flacon qui éclabousse la
magnifique robe.
La brutale
Buvez à même si vous voulez.
La Fée attrape délicatement le flacon qui flotte sur
la surface de l’eau et sans se mettre en colère. La fée
Vous n'êtes guère honnête! Puisque vous êtes si peu obligeante, je vous
donne pour don qu'à chaque parole que vous direz, il vous sortira de la bouche
ou un serpent ou un crapaud.
19.
Salon. INTERIEUR. JOUR
Les enfants imitent tout en se roulant par terre
avec des grimaces la malédiction subie par la brutale. La petite fille
Berk ! Des crapauds dans la bouche.
Le petit garçon
(Faisant la grimace)
Bah ! Et des serpents.
Le grand père
(Calmant les deux jeunes
enfants)
Attendez, attendez, écoutez la suite.
(Les enfants se concentrent)
De retour à la maison sa mère vient à sa rencontre.
20.
Devant la maisonnette. EXTERIEUR. JOUR
Surveillant sa fille par la fenêtre, la mère sort de
la maison.
La mère
Hé bien, ma fille !
La brutale
Hé bien, ma mère !
A ces mots, la brutale, jeta deux vipères, et deux
crapauds.
La mère horrifiée s’écria dans un mouvement de
recul.
La mère
Ciel ! Ma fille que t’arrive t-il donc ?
La brutale en pleurs se jette dans les bras de sa
mère pour chercher un réconfort mais celle-ci la repousse d’un geste apeuré et
maladroit.
Repoussant son aînée elle se tourne vers la cadette,
et menaçante, essaie de la saisir. La mère
(À la cadette)
C'est de ta faute et tu me le
payeras.
21.
Forêt. EXTERIEUR ; JOUR
La cadette court dans la forêt. Un cavalier arrive
vers elle et stoppe sa monture, barrant la course de la jeune fille.
Le grand père (Voix Off)
Apeurée, la pauvre enfant
s'enfuit, et va trouver refuge dans la Forêt.
Un fils de Roi qui revenait de la chasse la rencontre, et la voyant si
belle, lui demande ce qu'elle fait là toute seule et ce qu'elle a à pleurer
comme ça ?
Le petit garçon (Voix Off)
Ah non grand père ne nous dit pas qu’ils vont tomber amoureux et qu’il
vont se marier…
La petite fille (Voix Off)
(Poursuit)
… qu’il vont vivre heureux et
longtemps et qu’il vont avoir beaucoup d’enfant !
22.
Salon. INTERIEUR. JOUR
Le grand père refermant son livre.
Le grand père
Non, ça, c’est que dans les contes.
A ce moment là. La porte s’ouvre brusquement. Dans
le chambranle de la porte se poste une femme en tenue de gouvernante, c’est le
même personnage que les enfants ont imaginé dans le rôle de la mère acariâtre
La gouvernante
(D’un ton autoritaire)
Il est l’heure d’aller se coucher !
Aussi raide que puisse l’être un manche à balai,
elle attend la venue des deux enfants sur le seuil.
Avant de quitter le salon les deux enfants lancent à
leur grand père.
Le grand père
Bonne nuit grand père.
Toujours assis le grand père leur murmure.
Le grand père
Bonne nuit.
A ces mots deux fleurs sortent de la bouche du grand
père.
Les deux enfants regardent émerveillés cette magie
inattendue.
Mais le bras de la gouvernante tire la porte qui se
ferme avec brutalité.
FONDU AU NOIR
Le grand père (Voix Off)
L'honnêteté coûte des soins,
Elle veut un peu de complaisance,
Mais tôt ou tard elle a sa récompense,
Et souvent dans le temps qu'on y pense le moins. |