| mardi 08 mai 2007, a 18:11 |
| 12ème poésie AURELIA - le Scénario |
AURELIA
Continuité
Dialoguée
1er Version
1.
Ruelle. EXTERIEUR. NUIT
(Décor 18ème
siècle. Quartier populaire).
Tard dans la nuit, un homme d’un certain âge gravit
un étroit trottoir de pavés. Sa démarche est lente et soutenue par une canne.
L’homme (Voix Off)
Un soir, vers minuit, je remontais un faubourg où se trouvait ma
demeure, lorsque, levant les yeux par hasard, je remarquai le numéro d’une
maison éclairé par un réverbère. Ce nombre était celui de mon âge. Aussitôt, en
baissant les yeux, je vis devant moi une femme au teint blême, aux yeux caves,
qui me semblait avoir les traits d’un amour disparu.
L’homme stoppe sa marche et se retourne sur les pas
de la femme qui s’éloigne et disparaît dans la pénombre.
L’homme (Voix Off)
Le rêve est une seconde vie. Je n’ai pu percer sans frémir ces portes
d’ivoire ou de corne qui nous séparent du monde invisible.
2.
Cage d’escalier. INTERIEUR.
NUIT
La cage d’escalier est sombre simplement éclairé à
sa base par une petite lampe qui donne aux murs défraîchis un aspect
inquiétant.
L’homme arpente un escalier en colimaçon.
L’homme (Voix Off)
C’est un souterrain vague qui s’éclaire peu à peu, et où se dégagent de
l’ombre et de la nuit les pâles figures gravement immobiles qui habitent le
séjour des limbes.
3.
Mansarde. INTERIEUR. NUIT
(Décor chambre
de bonne mansardée, sombre et chichement meublée)
Une porte s’ouvre dans un grincement, l’homme
apparaît dans la petite pièce, il fait craquer une allumette, la flamme
alimente une bougie
L’homme (Voix Off)
Puis le tableau se forme, une clarté nouvelle illumine et fait jouer
ces apparitions bizarres et le monde des Esprits s’ouvre à nous…
L’homme traverse la petite pièce et va s’allonger
sur un lit posté près de la fenêtre. Son regard fixe le firmament à travers la
petite fenêtre.
L’homme (Voix Off)
Cette nuit là, je fis un étrange rêve…
4.
Bâtiment désaffecté.
INTERIEUR. NUIT
(Hôpital
désaffecté de Rochefort en Charente maritime)
L’homme se perd dans d’innombrables couloirs qui se
succèdent sans suite logique.
D’innombrables portes jalonnent les couloirs, toutes
ses tentatives pour les ouvrir se soldent par des échecs.
Intertitre
… "Je me perdis plusieurs fois dans de longs corridors"…
L’une d’elle s’ouvre et lui permet de quitter le
couloir.
Il atteint une immense rotonde. Un ciel bleu où les
nuages moutonnent à travers les verrières laisse apparaître un être aillé qui
vient qui vient s’écraser au pied de
l’homme.
L’homme (Voix Off)
… en traversant une des galeries centrales, je fus frappé d’un
spectacle étrange. Un être d’une grandeur démesurée, - homme ou femme, je ne
sais pas, - voltigeait péniblement au-dessus de l’espace et semblait se
débattre parmi des nuages épais.
5.
Petite cour obscure.
EXTERIEUR. NUIT
(Petite cour
étroite aux murs lépreux)
L’homme se retrouve au milieu d’une cour, alors que
l’ange tombe à ses pieds.
L’homme (Voix Off)
Manquant d’haleine et de force, il tomba enfin au milieu de la cour
obscure, accrochant et froissant ses ailes le long des toits et des balustres.
Je pus le contempler un instant. Il était coloré de teintes vermeilles, et ses
ailes brillaient de mille reflets changeants.
L’être ailé se relève et replie ses ailes autour de
lui telles une cape qui se transforme en robe antique. Son visage androgyne se
transforme et prend les traits d’un vieil homme qui pourrait ressembler à
Socrate ou Platon. Les deux hommes se fixent
intensément et le visage du vieil homme se métamorphose en une
succession de visages tous différents pour finir par prendre les traits de l’homme
face à lui.
6.
Mansarde. INTERIEUR. NUIT
Dans un cri
d’effroi, l’homme se réveille en sursaut et de ses mains déchirent le rêve
encore présent tout autour de lui, tel
une toile d’araignée qui s’effiloche et disparaît petit à petit.
L’homme se lève et s’assoit sur le bord du lit
encore essoufflé. Puis son regard se perd à nouveau.
L’homme
… Un autre soir, durant un autre
rêve, je crus avec certitude, être transporté sur les bords du Rhin. En face de
moi se trouvaient des rocs sinistres dont la perspective s’ébauchait dans
l’ombre. J’entrai dans une maison riante, dont un rayon du soleil couchant
traversait gaiement les contrevents verts que festonnait la vigne. Il me
semblait que je rentrais dans une demeure connue, celle d’un oncle maternel,
peintre flamand, mort depuis plus d’un siècle.
7.
Demeure bourgeoise (grand
salon). INTERIEUR. NUIT
L’homme déambule dans un grand salon orné de grandes
peintures murales.
L’homme (Voix Off)
Les tableaux ébauchés étaient suspendus çà et là ; l’un d’eux
représentait la fée célèbre de ce rivage.
Une dame vint à sa rencontre.
L’homme (Voix Off)
Une vieille servante, que j’appelais Marguerite et qu’il me semblait
connaître depuis l’enfance, me dit :
La servante
Allez vous mettre sur le lit.
L’homme
Mais je ne suis pas fatigué.
La servante
Je le sais.
8.
Demeure bourgeoise
(chambre). INTERIEUR. NUIT
La servante
Vous venez de loin, et votre oncle rentrera tard ; on vous
réveillera pour souper. »
L’homme
Mais je n’ai pas envie de dormir, d’autant que j’ai déjà l’impression
d’être dans mon propre rêve.
La servante
C’est juste, vous êtes effectivement en train de rêver, mais ce rêve là
est bien trop proche de votre réalité.
Votre oncle vous attend dans une contrée qu’il faut protéger et qui se cache
bien au-delà de vos rêves. Dormez. Il vous y attend.
L’homme regarde d’un air perplexe la servante.
La servante arbore un gentil sourire.
La servante
Le monde invisible protège tous vos rêves confisqués. FIN
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